mercredi 1 février 2017

anti trump




Le 21 janvier dernier, nous étions 250 à Lyon pour soutenir la Women’s March des Américaines contre Trump et dénoncer  "l’idéologie sexiste, LBGTphobe, raciste" qu’il a défendue tout au long de sa campagne. 


Des quelques propos violemment misogynes de sa campagne ("Quand on est une star, on peut faire ce qu'on veut avec les femmes.", "On peut les prendre par la chatte, elles se laissent faire", "C'est dur de prêter attention à une femme lorsqu'elle a de petits seins", "Les femmes qui avortent devraient être punies"…), il est très rapidement passé à l’action concrète dès son investiture. 
Sur les attaques contre les droits des femmes, nos craintes se sont vues confirmées : 

L'équipe du grand ménage réactionnaire : 

        Aux Etats-Unis, le droit des femmes à disposer de leur corps est garanti par un arrêt nommé le Roe vs Wade, adopté en 1973 par la cour suprême fédérale (précisions ici !). De nombreux États comme le Texas ou l’Indiana ne cessent de contourner ce décret en votant des lois qui limitent l’accès à l’avortement (nouvelles normes très difficiles à tenir imposées aux cliniques pratiquant l’avortement entraînant de nombreuses fermetures de cliniques, obligation de financer l’enterrement de l’embryon, complications administratives…). Conséquences : accès à l'IVG de plus en plus compliqué (certaines femmes doivent parcourir 500km pour un avortement). La Cour suprême (haute instance judiciaire, interprète des lois fédérales et de la constitution) a le pouvoir de protéger l’accès à l’IVG en déclarant certaines lois illégales au nom de l'arrêt Roe vs Wade, ce n’est pas toujours le cas et un combat récurrent se joue entre les différents juges.

C'est avec l'aide de personnalités politiques aussi extrêmes que lui que Donald Trump va pouvoir mettre en place ses idées. Pour mieux comprendre les risques qui pèsent sur les droits des femmes, zoom sur deux nominations qui vont cristalliser l’esprit conservateur de l’actuel gouvernement des États-Unis
 
  • Résultat de recherche d'images pour "mike pence"o     Mike Pence. Nommé vice-président par Donald Trump, cet ancien avocat lancé en politique depuis 1990, se définit lui-même (dans cet ordre d’importance) comme « chrétien, conservateur et républicain ». Ses prises de position ultra-conservatrices visent particulièrement les femmes (femmes=mères, maternité + vie professionnelle mauvaise pour l'enfant), la santé (anti-IVG, contre les actions du planning familial, opposé au port du préservatif "faible protection contre les IST") et les droits des personnes LGBT (loi sur la "liberté religieuse" qui permettait aux entreprises et commerçants de refuser d’embaucher et/ou servir des personnes LGBT ainsi que des personnes de confessions différentes). Comme son acolyte Trump, il ne se contente pas de paroles : Gouverneur de l’Indiana en 2013, il avait voté une loi interdisant l’IVG lorsque le fœtus était atteint d’une anomalie.



                                                                                                                                                                                                                                                                Neil Gorush. Nommé juge à la Cour suprême des Etats-Unis, le 31 janvier dernier,  il a gravité dans les hautes sphères de la justice et de la politique. On vous passe les détails un poil compliqué des jeux de pouvoirs Américains. Ce qu’il faut retenir, c’est que la Cour suprême va basculer du côté ultra-conservateur de la force, Neil Gorush étant considéré comme un des juges les plus conservateurs (9 juges à la Cour : 4 démocrates + 5 républicains-dont 3 très conservateurs-). Il est partisan d’une lecture «originaliste» de la constitution c’est-à-dire qu’elle doit être appliquée « à la lettre » selon le sens donné à l’époque de sa création (1787-89, autant dire que pour les avancées sociales, on repassera). Connu pour ses positions radicales (pour la peine de mort, soutien aux entreprises qui ont refusé une couverture santé incluant la contraception à des employées) il ne s’est pourtant jamais prononcé clairement sur l’IVG, mais soyons réalistes, son avis est assez limpide. Sa nomination doit encore être validée par le sénat avec 60 votes (les républicains ont 52 voix au sénat). Rappelons que les juges sont nommés à vie, vu l’âge avancé de certains, il est possible que Trump sélectionne de prochains juges lors de son mandat...


LES RISQUES :
- Cour suprême très conservatrice =  plus de chances pour les lois anti-IVG de ne pas être interdites pour "illégalité"
- Arrêt Roe vs Wade en danger ! Plusieurs juges pensent que cet arrêt est une erreur, Trump avait également laissé entendre qu'il voulait l'annuler. Sa disparition permettrait aux États de gérer seuls les questions d’IVG, dans le pire des cas on peut imaginer une renaissance des avortements clandestins et des conséquences ravageuses qu'ils entraînent.



   Effet papillon radical :


 
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Une poignée d'hommes grisonnants, blancs, se définissant comme hétéros, bien propres sur eux, s'apprêtent à décider du sort d'une partie de l'humanité. Impossible de passer à côté de cette photo de fin janvier (précisions sur le cabinet très homogène de Donald : ici !) qui illustre parfaitement l'absurdité patriarcale et conservatrice du gouvernement américain (et d'autres d'ailleurs !). Explications :

Donald Trump a signé, le 23 janvier dernier (au passage 2 jours après la Women's march et 1 jour après l'anniversaire du  Roe vs Wade), un décret interdisant le financement d'ONG internationales soutenant de près ou de loin  l'avortement. 
Ces financements permettaient, depuis 45 ans, de développer l'accès à la contraception dans les pays les plus pauvres du monde. Rien qu'en 2016, 607 millions de dollars ont été investis pour les programmes de santé reproductive et la planification familiale. Conséquences : 27 millions de femmes ont eu accès à des contraceptifs, 2,3 millions d'avortements évités et 11 000 décès maternels prévenus. Une petite signature qui va faire basculer la vie de nombreuses femmes dans le monde !

Cecile Richards, présidente de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planification familiale des États-Unis a réagi :
«Les femmes les plus vulnérables dans le monde vont souffrir de cette politique, qui va saper des années d’efforts pour la santé des femmes», «Cela va provoquer des fermetures de cliniques dans le monde entier, avec pour corollaire une augmentation des grossesses non désirées et des avortements dangereux», a-t-elle rajouté tout en appelant au "combat".

 LES RISQUES : 
 - Santé des femmes moins protégée à travers le monde, augmentation des avortements clandestins, des décès 
 - Campagnes de prévention santé affaiblies
 - Accès à la contraception et aux protections contre les IST restreint et plus difficile


LES COMBATS

 Oui la résistance est en marche !

Les Pays Bas ont créé, samedi 28 janvier, un site internet de fonds international pour compenser la coupe budgétaire phénoménale de Donald Trump :  ils ont promis une donation de 10 millions d'euros.
Des marches ont été organisées dans le monde entier en soutien à la Women's march des américaines contre Trump, aux États-Unis 2 millions de personnes se sont réunies.
La Californie a laissé entendre qu'elle souhaiterait être indépendante. Et pourquoi pas ?

Quelques parodies au top de la part d'Hillary Clinton et du gouvernement Suédois :  

 
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