mardi 19 avril 2016

Flash Info Fouffes : à découvrir entre deux manifs!

Chères et chers fans de Superféministe, ne vous laissez pas aller entre deux manifestations et autres Nuit Debout ! Pour vous aider à récupérer tout en s'instruisant (eh oui!) votre Superhéroïne préférée est à la rencontre de Flash Info Fouffes, un tout nouveau site sur la santé sexuelle des femmes qui ont des rapports sexuels avec des femmes (dans le jargon médical, on les appelle les "FSF", femmes-qui-font-du-sexe-avec-des-femmes c'est trop long!) réalisé par nos copines de FRISSE.

Séquence interview, avec Amélie et Méry de Frisse!



Superféministe : Hello ! Est-ce que vous pourriez nous présenter un peu FRISSE, cette super-asso ?
A&M : FRISSE a été créée à l'origine d'un programme lancé en 1999, suite aux recommandations issues du colloque « femmes et VIH à infections en Europe ». Le but était d’expérimenter une nouvelle approche intégrant questions de genre et réduction des risques. Il a été porté par un collectif de féministes lyonnaises. FRISSE est maintenant une association de promotion de santé sexuelle pour toutes, tous et les autres. Elle est financée principalement par l'INPES et l'ARS. La démarche de l'asso repose sur une approche positive, mêlant les savoirs profanes, scientifiques, professionnels et expériences vécues. Les actions de FRISSE s'adresse particulièrement à des publics dit « marginalisés » et peu ciblés par les programmes de prévention nationaux : mineur.e.s sous main de justice, demandeuses et demandeurs d'asile, personnes en situation de handicap, de prostitution, squatteurs et squatteuses, usagèr.e.s de psychotropes, personnes vivant avec une maladie chronique...

SF : Et Flash Infos Fouffes alors, kézako ?
A&M : Flash Infos Fouffes est un site Internet qu'on vient de lancer. C'est un site d'informations pour  la santé sexuelle des femmes qui ont des relations sexuelles avec les femmes (qu'on appelle FSF pour aller plus vite), quelle que soit la manière dont elles se définissent : lesbiennes, trans, bi, pan, hétéro... ou pas ! L'idée, c'est vraiment de rendre visible ce qui existe sur le territoire lyonnais pour ces femmes, avec un site qui soit accessible à tout le monde. C'est conçu dans un logique d'empowerment, afin que les personnes puissent trouver dans chaque rubrique, les outils, les infos et les lieux ressources pour qu'elles puissent prendre leur décision en connaissance de cause et ainsi faire des choix éclairés! L'objectif est aussi que l'information se diffuse le plus largement possible, qu'elle ne se limite pas au milieu lesbien/féministe/militant.

SF : Pourquoi faire un site sur cette question ? Pouvez-nous expliquer pourquoi vous avez choisi un ton léger et décalé pour parler de santé sexuelle ?
A&M : On s'est rendu compte qu'il existait des informations sur la santé sexuelle des « FSF », mais dispersées et puis plus sous forme papier, comme par exemple la géniale brochure « Tomber laculotte ». Avec un site, on a un support accessible à un plus grand nombre de personnes, disponible en permanence sans avoir besoin d'être distribué par de courageuses militantes (contrairement aux brochures ou à la documentation papier) ! Pour l'accessibilité et la diffusion, ça nous semblait le plus logique et puis aujourd'hui le premier réflexe pour avoir des infos sur une question, c'est quand même internet...
Sur le ton humoristique, c'est avant tout pour garder une approche positive de la sexualité. On ne produit pas un discours médical, l'idée c'est de dédramatiser des questions qui sont parfois un peu difficiles, et puis de rester dans une approche de santé communautaire entre copines, un site de FSF pour des FSF. L'humour, ça aide à faire passer le message !


SF Et pourquoi avoir inclus la consommation de produits psychoactifs dans le site ?
A&M : FRISSE a toujours fait un lien entre sexualités et produits psychoactifs : on est beaucoup à avoir des pratiques sexuelles pendant/après avoir consommé des produits psychoactifs (cannabis, MDMA,...). Dans les lieux de rencontres ou de drague (publics ou privés), il y a minima de l'alcool, il nous semblait donc essentiel de prendre ça en compte. Et puis les études scientifiques constatent un usage plus important chez les FSF de produits psychoactifs dans le cadre de rapports sexuels que chez les hétéros.



SF : Mais selon vous pourquoi ne parle-t-on jamais de la santé sexuelle des lesbiennes et des FSF ?

A&M : Historiquement, à l'arrivée du SIDA, l'épidémie était très forte chez les HSH (hommes faisant du sexe avec d'autres hommes), on parlait plus des gays à l'époque. Les chercheur/euses se sont intéressé-e-s à la contamination VIH entre femmes et ont trouvé qu'elle était faible. Le discours et les actions de prévention se sont donc centrés sur les HSH et ont transmis l'idée que les lesbiennes étaient un groupe à faible risque voire immunisé. Or, il y a eu une grosse confusion entre pratique sexuelle et identité. Les lesbiennes et FSF ont aussi des rapports avec des hommes, les études ont même montré qu'elles avaient plus de partenaires sexuelles (hommes et femmes) que les hétérosexuelles exclusives ! Et la plupart des IST se transmettent aussi dans un rapport sexuel entre femmes… Mais d'une manière générale les rapports sociaux de sexe font que les femmes sont moins visibles. Cette invisibilité est d'autant plus forte chez celles ayant des relations sexuelles avec d'autres femmes, cette sexualité est parfois même niée avec l'idée que sans pénis il n'y pas de sexe.
Aujourd'hui, on a un peu évolué sur cette approche. Après, bien sûr, les femmes sont toujours invisibilisées dans la société et les FSF en particulier, y compris dans les milieux LGBTQI.


SF Quels sont vos objectifs pour la suite ?
A&M : Déjà à court terme, de donner un maximum d'informations, de manière la plus permanente et complète possible. A moyen terme, on aimerait bien pouvoir ajouter des rubriques, traiter plus de choses comme par exemple le plaisir, la santé mentale, les violences sexuelles... A long terme, pour que le site se pérennise et vive le plus longtemps possible, il faudra veiller à bien le compléter, à l'alimenter de façon collective...


SF : Et un dernier mot pour Superféministe et ses fidèles lectrices ?
A&M : Ramène ta fouffe !