vendredi 1 mai 2015

SuperFéministe porte sa jupe comme elle veut!

Sarah, élève de 3e, vient d'être exclue de son collège une 2e fois parce que sa jupe, considérée trop longue par la cheffe d'établissement, constituerait un signe religieux ostentatoire, et donc une infraction à la loi de 2004 sur le port de signes religieux dans les établissements scolaires.

Depuis quelques jours, grâce à un article sur Libération et un communiqué de presse du CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France), l'une des principales associations françaises qui luttent contre l'islamophobie, la situation de Sarah est connue et une campagne sur twitter avec le hashtag"jeportemajupecommejeveux" vient d'être lancée. Ironiquement, Elsa Ray, du CCIF, vient de publier une photo de femmes votant pour la première fois en France (c'était il y a pile 70 ans), toutes vêtues de jupes longues. Une autre twitteuse, Paige Palmer, propose carrément un jeu: sauras-tu reconnaître la jupe ostentatoire??

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Sarah a 15 ans. Elle passe le brevet des collèges est dans moins de deux mois. Et, au nom de la laïcité et d'un certain féminisme (dont se revendiquent la plupart des parlementaires ayant voté la loi interdisant le voile dans les établissements scolaires de 2004), sa scolarité est interrompue.

Oui, oui, en France, en 2015, on interdit à une jeune fille de se rendre dans son établissement scolaire mais c'est pour des raisons féministes.
En France, en 2015, on ne parle qu'une journée du fait que 100 % des femmes subissent du harcèlement de rue.
En France, en 2015, on ne parle même pas des 75 000 viols annuels (ça fait quand même 242 par weekend) de femmes, ni des 148 femmes décédées sous les coups de leurs conjoints (chiffres de 2012).
En France, en 2015, ni le gouvernement ni le parlement n'avancent de propositions concrètes pour lutter contre les écarts de salaire massifs entre hommes et femmes aux mêmes qualifications et aux mêmes postes.
En France, en 2015, on évoque à peine le fait que l'austérité joyeusement appliquée par un gouvernement socialiste affecte principalement les femmes.

Mais en France en 2015, on interdit à Sarah de se rendre à l'école avec sa jupe.
Réguler la manière dont s'habille les femmes est une ancienne tradition républicaine: l'abolition officielle de l'interdiction du pantalon ne date que quelques années. Mais dans un contexte où l'islamophobie d'état se poursuit, il n'est pas étonnant de voir des chefs d'établissement scolaire faire du zèle en la matière en décidant d'exclure une adolescente.
Ce qui devrait être une évidence ne l'est pas et rien n'est acquis : encore aujourd'hui, nous devons donc nous battre pour que les femmes puissent s'habiller librement. Réaffirmons donc que le droit de toutes, adolescentes ou adultes, musulmanes ou non, à s'habiller comme elles le choisissent !