mercredi 5 novembre 2014

Interview FRISSE pour super féministe




Salut les superféministes ! Aujourd’hui pour vous, rencontre avec une association qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes et qui a bien voulu prendre du temps pour nous, pour nous expliquer les mobilisations dans lesquelles elle s’investit et, pourquoi pas, vous donner envie d’en être !

- peux-tu te présenter ?
Je suis coordinatrice de l’association, c’était d’abord un comité de pilotage associatif. Ce titre date de la création de l’asso. Moi je suis chargée de mission, ça consiste à poursuivre les actions déjà mises en places, maintenir les formations et étendre notre réseau et nos actions sur la région entière, surtout là ou pour l’instant il n’y a pas grand ’chose.

- peux-tu présenter FRISSE en quelques mots ? Ses objectifs, ses actions ?
FRISSE : FemmeS (dans un  monde hétéronormé), Réduction des Risques  (c’est le terme, maintenant on parle plutôt de réduction des dommages, on ne souhaite pas être dans la moralisation des personnes) et Sexualité, sans « S » à la fin car on parle de la sexualité humaine en général. Après il y a des gens pour qui les pratiques sexuelles font identités ou pas, tout cela varie selon le temps, chaque société, rien n’est immuable, le concept d’hétérosexualité est si jeune par rapport à l’histoire des sociétés humaines !

Cette définition pour contextualiser la posture de FRISSE : l’approche de FRISSE se base sur la prise en compte du « double risque » c’est-à-dire la prise en compte des prises de risque liées à la sexualité et la prise de risque en se trouvant sous l’effet de produits psycho-actifs.  Par exemple on fait le constat que quasiment tous les lieux de socialisation sont empreints d’alcool. Par exemple, lors d’une session de formation, toutes les femmes ont fait état d’une « première » fois sous l’emprise de l’alcool, constat est également fait de la désolidarisation des femmes entre elles sur ces questions d’où l’enjeu de faire attention les unes aux autres. Ce type de constats a par exemple débouché sur la création de la brochure « femmes et psychotropes ». Cette brochure pour rappeler ce qu’est un viol, que les muqueuses sont plus sèches sous alcool, ….

Nous dispensons 3 formations :

GENRE, SANTE SEXUELLE ET PSYCHOTROPES (2 jours)

L’APPROCHE GENREE DANS LA PROMOTION DE LA SANTE SEXUELLE (3 jours) : on y définit genre et santé, genre et jouissance, genre et handicap, il y a également une partie sur les normes. Les matins c’est un enseignement théorique avec des universitaires et les après-midis ce sont des ateliers, toujours animés en binômes.

GENRE ET COUNSELLING
Le counselling part du principe que toute personne a des savoirs et qu’il est question de l’aider à trouver ses réponses toute seule, sans hiérarchie des savoirs et en apprenant à gérer ses émotions. Cette formation repose donc sur un partenariat avec une counsellor durant 3 jours, puis 2 jours 6 mois après.

Toutes les formations sont ouvertes aux hommes depuis 2003 mais ils sont encore assez peu nombreux à venir. Elles sont ouvertes à toute personne intéressée par ces thématiques.
C’est donc dès 1999, au travers de la pratique de ces formations que l’association a avancé sur la question du concept de genre du fait de la participation et des apports de nombreuses personnes trans et personnes de genre fluide.


- et les ateliers de FRISSE ?
Il s’agit d’ateliers de 4 séances de 2 heures sur « santé  sexuelle » et psychotropes », on y aborde les produits et leurs effets, les rapports de genre, c’est un espace de discussion, d’échanges à l’issu desquels on propose aux participantEs d’écrire une brochure ou un texte afférant, un message afférant à la réduction des risques. Cela peut aussi être fait sous forme de scénettes, tout est possible ! Les publics concernés sont des mineurs sous main de justice, des lycéens de lycées spécialisés, des personnes en demande d’asile, des personnes usagères de drogues…

- on est en novembre, mais on a entendu parler d’un super octobre rose, qu’est ce que c’est ?
C’était le mois de la prévention du cancer du sein et nous on a voulu attirer l’attention sur les seins de tous genres, il n’y a pas que les hétérotes et les campagnes ne parlent pas des lesbiennes, des femmes trans, de toutes les autres personnes qui ont des seins ou pas. Il y avait un partenariat avec une école de couture et un défilé a été organisé (regroupant au moins 200 personnes dans les rues de Lyon) avec des créations des 165 élèves ; il y a donc eu en amont un gros travail de sensibilisation de toutes ces personnes. Nous avons aussi travaillé avec sœur Salem de la langue ardente, sœur de la perpétuelle indulgence. Des rencontres très classes et une belle fête de tous les seins !

- ce mercredi aura lieu une permanence menstruelle où FRISSE sera présente, peux tu nous en dire plus ?
C’est une action mise en chantier depuis quelques mois. On a commencé avec l’association Mémoires en chantiers. Dans ce cadre a été commencé en 2013 avec des personnes vivant avec le VIH un projet de travail avec des tissus pour exprimer ce que chaque personne souhaitait sur le thème. Donc cette année à Lyon l’idée c’est de faire un patchwork collectif avec les autres associations féministes et de santé lyonnaises pour être uniEs pour un 1er décembre dynamique autour de l’histoire de ces luttes. Après l’idée c’est de relier les différents carrés de toile produits pour en faire des kilts et  les valoriser comme patrimoine. C’est bien sûr ouvert à toute personne que ça intéresse, venez ! (c'est lors de la perma menstruelle des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, à 20h30 au Forum Gay et Lesbien -17 rue Romarin, Lyon 1er).

- le 1er décembre, qu’est ce qui se passe ?  Qu’allons-nous vivre cette année ?
L’année dernière on avait fait des dépistages dans des lieux où il n’y en a pas, dans les squats par exemple. Cette année ce sera un rassemblement à 11h30, dress code : noir avec si possible un foulard ou quelque chose évoquant le grillage sur la figure afin de sensibiliser spécialement sur la question de l’accès au soin des migrantes. La seule note de couleur sera donc un ruban rouge tricoté par des bénévoles et qui, à ce jour, fait 12 mètres de long.
Ensuite nous remonterons à ARIS avec le ruban pour le pot de vernissage jusqu’à 14h et ensuite nous proposerons des temps d’ateliers en non mixité choisie entre personnes vivant avec le VIH et celles et ceux qui les aiment (leur proches), puis un goûter de toutes les couleurs.
Nous avons aussi prévu une diffusion en continu d’images en France et d’ailleurs sur les luttes contre le VIH.

Merci FRISSE !!

TENACIOUS AC