samedi 18 mai 2013

Et l’objet mystère était… un nouveau diaphragme !





     Il s’appelle Caya, et est présenté (par le labo qui le diffuse) comme un diaphragme « nouvelle génération ». Le diaphragme est un moyen de contraception qui fait partie des « méthodes barrière » : placé au fond du vagin, il empêche les spermatozoïdes de franchir le col de l’utérus. 
 
 

Qu’est-ce qu’il a de vraiment nouveau ?


         
     Une taille unique 
    
   En silicone (pas de risque d’allergie)
          
      Plus souple

   Son petit rebord qui permet de le récupérer avec le doigt plus facilement

     Et sa couleur violette  beaucoup plus sexy !




Comment ça marche ?
Il faut le mettre en place avant chaque rapport sexuel (potentiellement fécondant : bite-vagin pour être clair) : juste avant, ou jusqu’à 2H maxi avant. Il s’utilise avec un gel « contraceptif » (le labo en propose un à base de cellulose et d’acide lactique, nous n’avons pas de données sur son efficacité) ou un gel spermicide : on en met une noisette au creux du diaphragme avant de le poser. Il faut attendre 6H après le rapport avant de l’enlever (si on a plusieurs rapports de suite, il est conseillé de remettre du gel sans enlever le diaphragme). Ensuite, on le lave à l’eau tiède et au savon, et on le range dans sa boîte.


Est-ce que c’est efficace ?
Côté efficacité, on ne dispose pas d’estimations spécifiques pour ce nouveau dispositif.  Ce qu’on sait pour les diaphragmes, c’est que l’indice de Pearl est de 6 : ce qui signifie 60 grossesses pour 1000 utilisatrices par an (à comparer aux autres méthodes, par exemple pour les pilules combinées un indice de 0,1, pour les préservatifs masculins et féminins, un indice de 3). Ces chiffres concernent les utilisations optimales (quand on respecte toutes les consignes), il faut donc les nuancer avec les chiffres « en utilisation courante » (dans la vraie vie, quoi) : par exemple, la pilule « redescend » à  60 pour 1000, le diaphragme avec spermicide à 120 pour 1000 …  Dans le choix d’une contraception, l’efficacité n’est qu’un des critères, pas forcément le plus important pour toutes les personnes concernées. Dans une optique de RdR (réduction des risques), il vaut mieux une méthode choisie, bien vécue et bien utilisée, qu’une méthode adoptée sous contrainte, mal supportée, oubliée…
A mentionner également : le diaphragme ne protège pas des IST.

Qui ça concerne ?
Toutes les femmes qui souhaitent une contraception, et particulièrement celles qui ne veulent pas/ou plus d’hormones, celles qui ont des contre-indications aux méthodes hormonales, des effets secondaires, ou juste marre de prendre des comprimés tous les jours... Une condition importante : ne pas avoir peur de mettre ses doigts dans son vagin.

Comment se le procurer ?
Même s’il est à taille unique, il doit faire l’objet d’une prescription par un médecin ou une sage-femme. Le but de la consultation, c’est déjà de vérifier qu’il est adapté (certaines configurations de l’utérus rendent le maintien en place impossible, il faut aussi attendre 6 semaines après un accouchement…), et c’est surtout d’apprendre à le poser correctement. Ensuite, on peut le commander en pharmacie (c’est le labo Bivea Medical qui le commercialise). On en trouve aussi au Planning Familial.


Combien ça coûte ?
Le prix « conseillé » est de 33,95€ : un prix à rapporter à sa durée d’utilisation qui est de 2 ans. Il faut rajouter le prix du gel. Le remboursement  par la sécu s’élève à la coquette somme de … 3,14€ ! (toujours cette politique française incohérente dans le remboursement des contraceptifs). A noter pour les moins de 25 ans détentrices de la carte M’Ra : le Pass Contraception développé par la région Rhône-Alpes a inclus le diaphragme dans les méthodes prises en charge.

A-t-il un impact sur la sexualité ?
Selon la littérature du labo (on attend les témoignages d’utilisatrices et -teurs), si le diaphragme est bien placé, ni la femme ni l’homme ne ressentent de gêne.

Bref, sans être révolutionnaire, ce nouveau diaphragme est en tout cas pensé pour un meilleur confort des femmes (moins rigide, plus facile à récupérer). Sa commercialisation est une bonne occasion de parler de ce moyen assez peu utilisé en France (alors qu’il est très commun dans les pays anglo-saxons). Sa taille unique va faciliter aussi le travail des médecins (!), car leurs connaissances en la matière sont globalement limitées, le savoir pour déterminer la taille, expliquer l’usage s’étant peu à peu perdu.
N’hésitez pas à nous communiquer votre avis après test !

Colette Sterol