vendredi 2 décembre 2011

SURFEZ SANS RIXES

 

Le PASS Contraception-Prévention vient de sortir en Rhône-Alpes.       
Le 28 novembre 2011 est entré en action un nouveau dispositif destiné aux 16-25 ans pour un accès facilité à la contraception et à la prévention des IST : gratuité, confidentialité et proximité sont les objectifs de ce PASS mis en place par la Région Rhône-Alpes.
Bien sûr le réseau des Centres de Planification et d’Education Familiale remplit les mêmes missions depuis des années, mais sans pouvoir toucher toutes les personnes concernées : certaines zones géographiques sont complètement dépourvues de CPEF, et dans les zones rurales, même s’il y a un centre, les problèmes d’autonomie, de mobilité ou de confidentialité constituent souvent des obstacles pour les jeunes.
Comment ça marche ?
Le PASS est accessible à tou-te-s les jeunes détenteurs/trices de la carte M’ra.
Via le site M’ra, il /elle commande un ensemble de coupons qui seront envoyés à l’adresse de son choix.
Lors d’une consultation médicale pour la prescription d’un contraceptif ou pour un dépistage d’IST, un coupon est remis au médecin en guise de règlement. Même chose pour une analyse en laboratoire ou pour l’achat de contraceptifs en pharmacie.
Le Planning Familial a été associé à ce nouveau dispositif dans sa phase de concertation, et la Ligne Azur régionale tenue par la fédération Rhône-Alpes du Planning « Contraception, IVG, Sexualité » (0 810 810 714) servira de numéro relais pour les jeunes et les professionnel-le-s qui veulent s’informer sur le PASS.


D'un côté c'est pas mal...                                              
On peut saluer le choix de ne pas s’arrêter à l’aspect contraceptif, puisque des dépistages, des examens gynécologiques peuvent être pris en charge (avec une limitation financière).
Toutes les méthodes de contraception sont visées : un bon message pour les jeunes et surtout pour les professionnel-le-s de santé encore bloqué-e-s sur la pilule.
Pour une fois, les garçons n’ont pas été oubliés, puisqu’ils peuvent accéder à un dépistage d’IST.
Surtout, le PASS permet de rendre plus accessible l’accès à la contraception pour les jeunes éloignés des CPEF, notamment dans les zones rurales. Il permet le choix de sa/son médecin (l’avenir dira si les professionnel-le-s de santé ont bien joué le jeu).
Enfin, il ne touche pas que les jeunes scolarisés dans un parcours classique : les MFR (Maisons Familiales Rurales), les missions locales par exemple sont aussi concernées.

Mais quand même...
Si le PASS contient une dimension prévention, elle est peu mise en avant dans la communication autour du dispositif. La peur des « grossesses chez les adolescentes » constitue LE thème  porteur, au point que Lyon Plus titrait par exemple, dans un article annonçant le lancement du PASS  « un PASS anti IVG », comme si c’était le seul objectif acceptable socialement.
Cet accent mis sur la contraception peut éloigner du dispositif les jeunes lesbiennes ou gays qui ne se sentiraient pas concerné-e-s, alors même que, globalement, ils et elles connaissent des prises de risque dans la sexualité et n’ont pas toujours accès à un suivi médical. Ainsi, plusieurs études montrent que les femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes sont peu suivies au niveau gynéco.
Il reste des jeunes exclu-e-s du PASS : collégien-ne-es, jeunes non scolarisé-e-s ni pris-e-s en charge dans une structure d’insertion.
Pour des raisons budgétaires (et par choix parce que le PASS n’est pas là pour se substituer aux dispositifs existants), tout ne sera pas pris en charge. Ainsi, une fille qui se voit prescrire une pilule chère n’aura que quelques mois d’accès gratuit à la contraception (plafond de 90 € pour un an) ; et elle devra choisir entre un bilan sanguin pour la contraception et un dépistage d’IST. Autre exemple, pour des filles choisissant le DIU ou l’implant, qui sont des méthodes « longue durée », la somme prise en charge est de 130 € pour 3 ans, mais si elles décident de changer de contraceptif (à cause d’effets secondaires par exemple), le « crédit » contraception est épuisé !

Bref un nouveau dispositif (fortement déconseillé - on vous informe - par le cardinal Barbarin et par Nora Berra, secrétaire d'Etat à la Santé) qui permettra, on l’espère, de toucher des personnes qui connaissent des difficultés d’accès à la contraception … Mais qu’il faudra sans doute améliorer !

                                        Toutes les infos pratiques sur http://www.rhonealpes.fr/733-pass-contraception
     
                                                                                                            Antoinette FonK