mardi 26 juin 2012

Non au harcèlement!


Un client qui met la main aux fesses d’une serveuse, c’est du harcèlement ?
Mes collègues affichent des photos pornos dans le local du personnel, est-ce que je peux faire quelques chose ?
 Mon supérieur me dit régulièrement «c’est plus sexy quand vous venez en jupe», comment réagir ?
On est plusieurs femmes à avoir peur d’un collègue qui essaie de nous embrasser ou de nous toucher, est-ce qu’on peut porter plainte ?
Mon patron me fait des avances. J’ai un contrat précaire, comment mettre un terme à ce harcèlement?


«Constitue un harcèlement sexuel tout propos, acte ou comportement non désiré, verbal ou non verbal, à connotation sexuelle, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne, ou de créer un environnement intimidant, hostile ou offensant.»

Chaque année 50 à 80 femmes déposent plainte pour harcèlement sexuel, sachant qu'une femme sur trois serait victime de harcèlement au cours de sa vie.
Le 4 mai le Conseil constitutionnel a abrogé l’article de loi sur le harcèlement car il n’est pas conforme à la constitution dans la forme d’écriture depuis 2002.
Ces femmes voient donc leurs procédures terminées sans condamnation de leur agresseur et sans reconnaissance du préjudice qu’elles ont subi. Pour ces femmes qui ont eu le courage de dénoncer leurs agresseurs, les efforts ont donc été vains.
Suite à plusieurs actions d’associations féministes, le 12 juin 2012 un nouveau projet de loi a été présenté par Christine Taubira, Ministre de la Justice, en collaboration avec Najat Vallaud Belkacem, Ministre aux Droits des Femmes.


Ce projet ne nous satisfait pas totalement. Pourquoi ?
 

 - Parce qu’il distingue deux types de harcèlement (en fonction de l’intention ou non d’obtenir une relation de nature sexuelle) et les hiérarchise : nous demandons une définition unique du délit de harcèlement sexuel
 - Parce qu’il est trop complexe et pose des problèmes d’application :   il est difficile de prouver « l’imposition des comportements »
 - Enfin, parce que même avec circonstances aggravantes, le harcèlement sexuel serait moins puni qu’un vol simple ! Dans un contexte répressif de surenchère pénale, où les moindres délits conduisent à des peines lourdes, il est curieux de voir que seul le harcèlement sexuel bénéficie d’une relative clémence... notamment par rapport à l’atteinte aux biens, posant la question des priorités de notre société.


Nous demandons donc une nouvelle réécriture du projet de loi en concertation avec les associations féministes. Et plus largement :

- Une réelle prise en charge du harcèlement sexuel par les professionnels de la police, de la justice et de la santé (formations spécifiques à l’accueil des victimes par exemple)
 - La mise en place de structures d’accueil et d’écoute pour les victimes et la reconnaissance des associations qui luttent contre les violences faites aux femmes et  soutiennent les victimes en leur donnant les moyens d’agir
 - Une obligation de prévention renforcée au sein des entreprises, avec une réelle information sur les problèmes liés au harcèlement au travail
 - Une éducation non sexiste de la maternelle à l’université.


Rassemblons-nous
samedi 30 juin de 15h à 17h
Place des Terreaux

Nos corps nous appartiennent, à nous, pas à nos patrons, nos conjoints, nos frères, nos amis. Nos corps ne sont pas à la libre disposition du passant dans la rue qui siffle, du supérieur hiérarchique (ou du collègue) qui ricane.
C’est pour ces raisons que nous vous proposons de venir discuter, échanger, vous informer à notre stand. Nous vous invitons également à pratiquer activement votre solidarité à l’égard des personnes victimes de violences, une solidarité qui passe par l’écoute, les témoignages, le soutien quotidien.
Aujourd’hui et demain, nous continuerons à nous battre, contre toutes formes de sexisme et pour une société plus égalitaire.

Ce rassemblement est une initiative unitaire à l’appel du Planning Familial 69, Femmes Solidaires Rhône, Osez le Féminisme 69, avec le soutien de Sud éducation, NPA, GU...

samedi 23 juin 2012

Cinéma - Tchi tcha!


Bonjour! Aujourd'hui, un petit post sur le cinoche.


Ha, le cinéma! Le 7iem art! Comme tous les autres, majoritairement masculin… Comme nos copines de la Barbe l'ont fait remarquer lors du dernier festival de Cannes, les réalisatrices ne sont pas… fréquemment mises en avant. (Cf : http://labarbeacannes.blogspot.fr/ )
Combien de César, d'Oscars, ou, si vous trouvez ces récompenses petites bourgeoises, des millions de spectateurs pour des films réalisés, écrits par des femmes? Considérablement moins que pour leurs collègues masculins.
Et alors? Il y a des histoires avec des femmes à l'écran, qui permettent l'empowerment, la conscience politique, l'affirmation de soi, non? Et bien… pas toujours.


Faisons connaissance avec un petit test, afin de passer au crible les productions cinématographiques. Il s'agit du test de Bechdel, appelé du nom de Alison Bechdel, dessinatrice américaine auteure du comics "Dykes To Watch Out For", ou de "Fun Home". Dans un épisode de DTWOF, elle crée le test qui porte son nom depuis. Il permet de "voir ce qu'on ne voit pas", de créer un canevas afin de se rendre compte du sexisme ambiant, des préjugés et des rôles assignés aux femmes au cinéma. Cet indicateur du sexisme a 3 règles :
1) on ne parle pas du test... heuuuu non
1) Il faut qu'il y ait au moins 2 personnages féminins nommés dans le film (par ex Jeannine Bouchis du Pontillon et Vicki)
2) Il faut qu'elles aient une conversation (donc exit les univers parallèles où les secrétaires des patrons/héros ne se croisent jamais, enfin jamais de manière assez intéressante pour que ce soit filmé, Jeannine et Vicki doivent parler entre elles.)
3) La conversation ne doit être à propos d'un homme (ex pas du fait que Jeannine ait une peine de cœur, ayant été repoussée par son prof de fitness, plutôt du fait que Vicki ait découvert les propriétés exceptionnelles d'une pierre dans le traitement de l'eczéma purulent) .


Si le film passe ces trois critères, il a réussi le test. Ce qui n'est pas le cas de bien des "gros films", et les films passent parfois de justesse. Les plus gros succès n'y sont pas, et les grands films marketés pour la jeunesse sont notés bien souvent "douteux". Et si l'on y songe, Sex and the City passe le test aisément, ce qui fait du test de Bechdel un révélateur et non un aiguillon…


Bref, indicateur intéressant sûrement, mais certainement à ne pas utiliser seul! (ps : un site recense les films selon les 3 critères : http://bechdeltest.com , en anglais, à vous de tester vos sorties ciné!)

Lara Neutron

lundi 18 juin 2012

Super Féministe sur les ondes rebelles





Le 18 mai dernier Super Féministe a été invitée par les copines de l'émission de Radio Canut Lilith, Martine et les autres!!
On y parle du Planning Familial 69 et du groupe militant.

Pour (ré)écouter, c'est par ICI !

D'ailleurs leur blog avec toutes les émissions c'est là : blogs.radiocanut.org/lilithmartineetlesautres

Et au passage si la radiophonie féministe vous porte il y a aussi tout plein de trucs bien sur Radiorageuses, avec des émissions lyonnaises, stéphanoises, grenobloises et marseillaises.

mercredi 13 juin 2012

Diagnosing Difference

Les 12 de chaque mois de 2012 sont organisés des apéros féministes (cf le Rrrrragenda). De ces apéros naissent quelques projets, dont notamment une projection vendredi 15 juin 2012 à 19h à la librairie « terre des livres » (86 rue de Marseille,  Lyon 7°) :




Projection du film documentaire :
Diagnosing difference
réalisé par Annalise Ophelian*, usa, 2009, 63 mn

Qu'est ce que le « trouble d'identité de genre », diagnostic décrit dans la bible des psychiatres: le DSM IV ? Dans ce documentaire, ce sont 13 personnes s'identifiant elles-mêmes comme trans (transgenre, transsexuelLEs, genderqueer) qui sont interviewées et qui apportent leurs regards sur ce diagnostic.

Elles abordent alors les questions de l'accès aux soins médicaux, des conséquences juridiques du diagnostic, du stigmate, des implications dans le cadre des soins thérapeutiques ou encore des différences d'expériences en fonction des facteurs tels que la classe, la 'race' ou la génération.

Ce film novateur est le premier à explorer l'impact du diagnostic sur les personnes «trans» à partir de leur propre expérience comme outil fondamental d'expertise.

Organisation Lyon : des féministes du 12 de 2012

*se définit comme “trans ally” (= allié-e des trans) et est psy !

Marche!

Hey ho ami-e super féministe!
Tu n'es pas sans savoir (ou peut-être que tu l'étais, mais plus maintenant) que samedi prochain c'est jour de marche des fiertés à Lyon. Cette année, le mot d'ordre officiel c'est "2012 : Santé, Egalité, Droits des trans, les Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans n’attendent plus !"

Parmi les chars, la musique et les festivités habituelles, le Planning 69 viendra apporter sa touche militante Super Féministe, parce que comme Chrysalide, Rimbaud et le Collectif Lesbien lyonnais l'ont rappelé le 2 juin dernier à travers leur expo sur Stonewall (qu'on espère bientôt pouvoir consulter en ligne sur leur blog) , ce défilé a une signification profondément politique et on y tient!

Alors,


à 14h 
Départ : Avenue Verguin, Parc de la tête d’or, Porte du lycée

Certes on n'aura pas de char, mais on ne devrait pas être si difficile que ça à repérer avec notre grande banderole mauve "LGBT partout VISIBILITE nulle part, OUVRONS NOS PLACARDS", nos pancartes et nos capes Super Féministes flottant au vent!

Et on tiendra aussi un stand au Forum des associations après la Marche, place Bellecour. Si tu veux des infos sur la santé sexuelle, les violences, sur l'action féministe du Planning, ou juste pour discuter un peu avec nous, passe donc nous voir!

lundi 11 juin 2012

Cirque de Femmes en Tout Genre

 Petite info "circassienne" pour vos agendas...

Le vendredi 15 Juin, l'association  Cirque de Femmes en Tout Genre (cliquez pour plus d'infos)  une soirée de soutien à la Boulangerie du Prado, en vue de la tournée qui aura lieu en Juillet 2012 avec une étape à Lyon :
- le 18 Juillet: ateliers d'initiation aux arts du cirque proposés aux femmes accueillies dans les associations partenaires (CHRS, Mfpf, Forum Réfugiés), encadrés par des femmes du Women's Circus de Melbourne.
- le 19 Juillet, une soirée autour d'une exposition photo, du spectacle "Bulles d'Elles"(Conciliabules) et du spectacle "Out of the box" (Women's Circus).



Si vous voulez en savoir plus sur le projet : http://cftg.wordpress.com/

mercredi 6 juin 2012

Soutenons le Collectif du 21 octobre : une action le 9 juin

Le 9 juin 2012, de 13H à 20H aura lieu une journée de soutien pour le Collectif du 21 octobre : concert, tombola avec des œuvres d’artistes à gagner, buvette…
Mais qu’est-ce donc que ce collectif et que vient y faire le Planning Familial ?
Nous avons demandé à Anne, qui participe au nom du Planning Familial 69 aux réunions et aux actions de ce collectif, de nous expliquer tout ça.

Comment est né ce collectif?
Le collectif du 21 octobre a été créé suite aux répressions policières des mouvements sociaux du mois d'octobre 2010 à Lyon. Le parlement modifiait alors la législation sur les retraites en allongeant la durée des cotisations. Le collectif dénonce une Garde à vue géante opérée par les forces de l'ordre, sur la Place Bellecour à l'occasion de la manifestation du 21 octobre 2010. Il s'agit d'une méthode de rétention à ciel ouvert connue sous les noms de "Kettling" ou "technique de la bouilloire". Des centaines de personnes présentes sur la place Bellecour ont été encerclées, retenues sans informations et relâchées (exfiltrées) selon des critères discriminatoires. Le collectif 21 octobre dénonce cette nouvelle méthode policière de privation de la liberté de circuler et de manifester qui a aussi été utilisée notamment en Angleterre et dans d'autres villes européennes.
Pourquoi est-ce que le Planning y participe ?
Le Planning Familial est un mouvement féministe et d'éducation populaire. Le combat contre les inégalités sociales et les oppressions fait partie de ses objectifs. En 2010, le Planning Familial 69 avait été très présent dans le mouvement pour les retraites : en effet, les retraites à taux plein des femmes sont bien inférieures à celles des hommes et elles sont beaucoup plus nombreuses à bénéficier de retraites amputées par des temps partiels « choisis » pour élever leurs enfants ou imposés par les employeurs.
Les faits qui se sont déroulés le 21 octobre 2010 ne sont pas compatibles avec un fonctionnement démocratique, et participent à une criminalisation des mouvements sociaux. Les conséquences sont encore actuellement préjudiciables tant aux personnes physiques qu'aux organisations.
Quelles sont les actions menées par ce collectif ? Ses projets ?
Le collectif 21 octobre a déposé une plainte avec constitution de parties civiles il y a un an. Les motifs sont les atteintes aux libertés individuelles avec détention collective arbitraire et atteinte à la liberté d'expression et de manifestation ainsi que des discriminations au faciès lors de l'exfiltration. L'instruction devrait lever le voile sur les ordres qui ont été donnés ce jour-là.
Des militantes du collectif ont assisté aux audiences en comparution immédiate des personnes arrêtées et les ont retranscrites pour nous informer de la mise en œuvre de cette justice d'urgence en "situation exceptionnelle". Ils sont consultables sur le site :  http://www.collectif21octobre.fr/index.php
Le collectif a organisé aussi des rencontres avec des légistes comme Olivier Cahn qui a travaillé sur la répression des Black Blocs comme prétexte à la domestication de la rue protestataire. Il reste en lien avec des militant-e-s qui exercent une vigilance sur ces formes de répression "préventives" en France, en Italie et en Angleterre.
Un certain nombre d'actions dont celles du 9 juin ont pour objectif de rassembler les sommes destinées à couvrir les frais engagés lors du dépôt de plainte. Ces initiatives permettent de garder les liens entre les organisations et les personnes victimes et/ou plaignantes et de continuer de dénoncer un dispositif répressif qui ne doit pas être banalisé.



 

mardi 5 juin 2012

Plan cul ou Grand Amour?


Non, non, ce n’est pas encore un de nos posts trash, mais un très sérieux post d'histoire! Comme promis, voici le texte d'une partie de l'expo de notre dernier bar féministe (dont la renommée n'est plus à faire...)

 
      Féminismes et lesbianismes : 
plan cul ou grand amour ?
Historique des liens entre les mouvements depuis les années 1970 ...


«  Nous, femmes, nous ne nous occuperons pas d’aider le despotisme à changer de mains, ce que nous voulons, ce n’est pas déplacer, c’est tuer le privilège. » dit Hubertine Auclert en 1879. Le militantisme féminisme n'a donc pas commencé avec le MLF et les années 1970. Mais comme on est sympa, on a résumé depuis ce moment-là. De même, on a un peu fait des coupures à la hache, voire à la tronçonneuse, et quand on dit « lesbiennes » ou « féministes », il faut bien lire le pluriel, la multiplicité des situations et des positions, et ce panneau est loin d'être exhaustif... !



La rencontre : les années 1970
Ah les années 1970... On parle de révolution, de subversion, on brûle les soutifs, on lance des pavés, bref on ne pense pas seulement « égalité des droits » !




 Il s'agit aussi de visibiliser les femmes dans tous les espaces : le 26 août 1970, le MLF pose sous l'Arc de Triomphe une gerbe à la femme inconnue du soldat inconnu...  Parmi elles, la gouinerie est largement représentée.


 Il faut que les mouvements féministes se battent pour une sexualité libre (légalisation de l'IVG, de la contraception), déconnectée de la reproduction. On en vient vite à une critique radicale de la norme sexuelle dominante. Du coup les gouines, qui ont enfin voix au chapitre, rappliquent ! L'idylle se renforce avec les premières parutions : Le Torchon brûle montre en couverture une bulle « Et puis merde ! J'aime les femmes »
Dans la même optique de contestation radicale, le FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire), organisation homosexuelle mixte, se constitue en envahissant une émission populaire de radio au thème « l'homosexualité, ce douloureux problème ». Au sein du MLF, les bi et les lesbiennes pourtant nombreuses commencent à s'interroger : « à chaque fois que vous dites « nos mecs », une lesbienne la boucle ». Fondées en 1972, les gouines rouges sont tentées par l'autonomie... mais restent indubitablement féministes ! Gouines et féministes, un couple fidèle ?


Je t'aime … moi non plus. Les affres de la passion : les années 1980



Et oui mais la fidélité, c'est compliqué. Les années 1980 sont marquées par l'essor du mouvement lesbien (constitution d'archives lesbiennes, journaux, revues comme Lesbia). Les gouines ont quitté le FHAR, ras-le-bol de la domination masculine, excédées par les comportements phallocrates de certains pédés. En 1982, l'homosexualité est dépénalisée et sort de la liste des « fléaux sociaux ». Youpi, les lesbiennes féministes sont des hystériques lambda ! Les positionnements sont multiples : des lesbiennes qui ne sont pas féministes, d'autres qui se définissent comme féministes et d'autres qui pensent que seules les lesbiennes remettent véritablement en cause le patriarcat (puisqu'elles ne couchent pas avec l'ennemi) et sont donc féministes. C'est le cas du groupe des lesbiennes de Jussieu et de leur slogan « hétéros collabos », visant directement les femmes hétérosexuelles féministes. Audre Lorde explique « on ne détruit pas la maison du maître avec les outils du maître ». Monique Wittig explique que « les lesbiennes ne sont pas des femmes » : pour elle, les femmes sont une catégorie sociale d'individues sous la dépendance affective et économique des hommes et donc les lesbiennes y échapperaient !
Holy Monique

 


 Parmi les féministes lesbiennes, certaines deviennent alors... lesbiennes féministes ! Pendant ce temps, sur la planète Hétéroland, les féministes hétérosexuelles, qui continuent de se battre, sont partagées entre interrogations sur leurs propres pratiques militantes et le rejet total du mouvement lesbien. Sans compter celles qui ne pensent plus à la révolution sexuelle mais qui militent pour une simple égalité des droits au sein du système... « Et bien si c'est comme ça, j'm'casse » !


Vivons heureuses, restons séparées : les années 1990

1988, Toulouse. On retrouve les lesbiennes féministes dans leurs espaces spécifiques comme le Bagdam Café. Plus besoin de brûler les soutifs (késaco ces trucs de grands mères?), on veut du cinéma, une coordination nationale, des bars, des maisons d'édition...

 Toutes seules, sans les féministes hétérosexuelles, na ! Même voire sans féminisme du tout d'ailleurs !! Pourtant, certaines féministes (matérialistes par exemple [autre panneau de l'expo dans un prochain post]) essayent de continuer à inclure des problématiques lesbiennes... sans forcément toujours y parvenir, ou timidement. Mais le cœur n'y est plus. Les lesbiennes se mobilisent sur d'autres questions (lesbiennes racisées, lesbiennes âgées...) comme un groupe social autonome avec sa propre analyse de la société, sa propre grille de lecture des rapports sociaux.

Les lesbiennes s'allient aussi aux pédés pour faire reculer le SIDA (on ne compte pas les gouines dans les happenings d'Act UpParis !). Elles revendiquent aussi plus de visibilité, montent des associations, des collectifs pour poser le constat : les gouines n'ont pas l'air d'exister dans la littérature, la musique ou à la télé !! Peu à peu, quelques lesbiennes font leur apparition dans des séries et dans quelques films mais n'échappent pas toujours aux clichés un peu dégueu... Des alliances « LGBT » se montent pour inclure dans une même lutte Lesbiennes, Gays, Bi et Trans, avec des hauts et des bas, de l'entraide mais aussi des conflits car le G de LGBT a parfois tendance à prendre toute la place...

« Je ne peux pas vivre sans toi... »

Mais je t'ai toujours aimée !! Les années 2000

Fortes de leurs séparations longues et douloureuses, féministes et lesbiennes se revoient pour mieux se retrouver ! Tout n'est pas rose. Comment expliquer à une féministe qui se bat pour l'égalité salariale que d'autres se battent pour ne pas être définies comme « femmes »...?



L'émergence politique de la question des trans-identités, de l'assignation arbitraire à un sexe à la naissance est à la fois l'enjeu de discussions et le fondement de nouvelles alliances, pour encore et toujours pouvoir librement disposer de nos corps, de nos esprits, et dézinguer ces normes hétéro-patriarcales qui nous enferment. Le renouvellement des générations militantes fait tomber certains tabous de part et d'autres.

Le féminisme historique reste un point de référence, reconnu comme un combat crucial : accès à la contraception, IVG (qui peut aussi concerner les gouines, les bissexuelles...) pour ne citer que quelques exemples. Les enjeux de souffrances sociales, de reconnaissance, de précarité ont montré la nécessité de se fédérer pour être plus fortes et plus nombreuses face au patriarcat capitaliste.



Les thématiques autour de la santé sexuelle des femmes, hétéro, bi, lesbiennes et trans, ont également rapproché ces différentes communautés. Des pratiques de non-mixité, issues à la fois du mouvement lesbien autonome et du mouvement féministe, permettent à toutes de se retrouver (Ladyfest, marches de nuit, blogs, collectifs...). Femmes et lesbiennes font les mêmes stages d'autodéfense, militent côte à côte et teufent ensemble !!







« Un jour elles se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... ! OU PAS!!! »



 



samedi 2 juin 2012

NON à la récupération raciste du féminisme!

Vous vous souvenez peut-être qu'il y a quelques temps déjà nous vous avions parlé d'une rencontre de féministes contre l'islamophobie (et si vous ne voyez pas de quoi je parle, c'est par ici), et bien voilà une des fort belles choses qui en sont ressorties :



(et si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi aller jeter un coup d'oeil à ce post-là...)