vendredi 23 août 2013

Le scandale du rond-point essentialiste !




Après la lecture de cet article, vous ne regarderez jamais plus les ronds-points avec la même indifférence !

Encore un bel exemple de sexisme au quotidien :


Cette photo vous montre un banal rond-point de village (Chateauneuf-de-Galaure, dans la Drôme très précisément), le genre de construction qu’on voit sans regarder vraiment, genre je suis passée 100 fois devant sans le remarquer. Et voilà que je tombe sur la plaque explicative du rond-point, de la sculpture plus exactement. En un langage vaguement art-contemporain, l’artiste nous explique le concept de son œuvre. Extraits choisis :
« Une femme, un homme, au plus simple de leur constitution, non face à face mais côte à côte, regardant dans la même direction […] deux univers, en suspens, l’un complétant l’autre, à la fois immobiles et en tension »


Du coup après cet éloge de la complémentarité homme-femme, je regarde de plus près l’œuvre en question, et je ne sais pas si vous voyez comme moi :

La plus petite silhouette, avec le gros galet au milieu, c’est visiblement « La Femme ». Elle se résume à son gros ventre (je suppose qu’il ne s’agit pas d’un hymne à la surcharge pondérale, mais bien d’une ode à la maternité, à la femme qui porte l’Humanité, etc…) 






De son côté, « l’Homme » se distingue par la présence notable d’un cerveau (et du coup on rejette un œil à l’autre silhouette : c’est bien ça, elle n’a pas de galet dans la tête !). En plus du cerveau, l’Homme possède plusieurs autres galets, dont on ne devine pas forcément la signification (peut-être la complexité du rapport au monde), si ce n’est que leur disposition sur une ligne dynamique s’oppose au côté statique, comme figé dans l’éternité, de la silhouette féminine.




Bref, l’auteur a bien réussi à transmettre son message essentialiste (pour qui s’intéresse aux ronds-points en tout cas).
D’où le titre de l’article.
Bon, je ne sais pas si je dois le préciser, mais le titre indigné et un peu sensationnaliste, c’est pour rigoler. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : nous précisons que Super Féministe ne va pas lancer une croisade contre les ronds-points… vu qu’il y a des combats un peu plus urgents à mener.

Post Scriptum : Et si, emportée par mon côté féministe paranoïaque, je n’avais pas fait un contresens dans l’interprétation de l’œuvre ? Et si les sexes des silhouettes étaient inversés ? L’homme serait la petite silhouette sans cerveau. Son galet ventral serait un gros bide symbole… du gros bide, ou alors d’une manière métaphorique de l’appétit de puissance… ou alors une cirrhose du foie. La femme aurait un cerveau et plein d’autres galets dont nous renoncerons à établir la signification. Cette interprétation serait-elle moins essentialiste ? Pas sûr… Le débat est ouvert.

Antoinette FonK