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D’Ebats Féministes, soixantième !!!!!




Sortie du dernier D’Ebats Féministes, le bulletin du Planning Familial 69 : c’est déjà le 60ème numéro de cette parution entièrement écrite par des militantes et salariées du Planning, avec une belle régularité de 4 numéros par an.


Dans ce numéro :
- des dossiers sur les mobilisations récentes contre les violences sexuelles, et sur le droit à l’avortement en Europe.
- des articles sur les actions menées par le Planning Familial à Villeurbanne et dans l’Ouest lyonnais.
- une présentation de l’œuvre de Kate Millett et de Colette Guillaumin, deux figures féministes disparues cette année.
- et encore plein d’infos et des conseils de lecture…

Et pour le recevoir dans votre boîte aux lettres : il suffit d’adhérer ! (Et vous apporterez ainsi votre soutien à notre association).
En avant-goût, voici l’édito de ce n° 60.

Ne laissons pas retomber la colère.
Pour un Weinstein dénoncé combien de harceleurs, bons pères de famille, hommes politiques, enseignants courent en toute impunité.
Depuis l’ébruitement de l’affaire Weinstein, la parole sur le harcèlement et les agressions sexuelles se libère.
Cette prise de parole s’accompagne de ses contradicteurs qui puisent dans l’ignorance et la bêtise toute leur inspiration mais aussi d’une somme de compassions hypocrites.
Les femmes  sont régulièrement dépossédées de leur statut de victime par la mise en doute de leur récit : « t’étais habillée comment ?  Que faisais tu toute seule dans la rue la nuit ? Tu t’es pas vraiment défendue… »
Les femmes victimes de violences sont poussées à porter plainte, à quitter le domicile conjugal, sans que soient pris en compte leurs propres cheminements et leurs allers retours. Leur parole n’est pas entendue, on impose constamment un tiraillement aux femmes : celui de dire non alors que ce refus est ignoré par les violeurs et les agresseurs, comme celui de porter plainte alors que les conditions ne sont pas réunies et que souvent les femmes sont renvoyées chez elles sans aucune solution. C’est là qu’on voit la faiblesse des lois, acquises grâce à la mobilisation des mouvements féministes, souvent insuffisamment appliquées (93% des plaintes pour harcèlement sont classées sans suite). On peut donc douter de l’efficacité de la prochaine loi sur le harcèlement de rue dont on ne voit pas bien comment elle sera mise en œuvre. Elle sous-entend que la rue est le seul espace du harcèlement laissant de côté tous les autres lieux (travail, lieu d’études, transports...).
En ces jours proches du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, il est bon de rappeler que la parole des femmes doit être respectée mais aussi leurs hésitations et leurs incertitudes face aux décisions à prendre. Elles seules doivent pouvoir décider de se taire ou de parler.
Agressions et harcèlement sexuel s’inscrivent dans un continuum de violences qui peut aller jusqu’au meurtre.
Suffit-il de gonfler l’arsenal juridique alors qu’un travail d’éducation, de sensibilisation et de formation des personnels de police et de justice reste essentiel ?
Suffit-il de faire encore une loi alors que de nombreuses associations de lutte pour les droits des femmes voient leurs subventions diminuées ou supprimées ?
Aucune loi ne sera efficace si un travail de prévention, d’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge des garçons et des filles n’est pas engagé avec des moyens suffisants.
Nous refusons de nous laisser endormir, nous savons que seule la lutte paye et que sans un mouvement féministe fort et offensif aucune loi proposée ne saura répondre à nos besoins et à nos exigences : Ne laissons pas retomber la colère !