lundi 15 décembre 2014

Journée mondiale de lutte contre les violences envers les travailleuses du sexe : appel à rassemblement


Le Planning familial 69 soutient la lutte des personnes prostituées et participera à l'action du collectif « putains de rencontre » le 17 décembre 2014 à Lyon.

Nous luttons contre les violences auxquelles font face les personnes prostituées : répression, expulsions, viols, agressions, exploitation, stigmatisation.
Ainsi à Lyon, les arrêtés municipaux relèguent les personnes prostituées toujours plus loin, et mettent en danger leur sécurité et leur santé.

Contre cette répression, solidarité féministe !

Mobilisons nous ce 17 décembre 2014


 Rassemblement place Jean Macé de 15h à 18h.

Venez nombreux et nombreuses !


Voici le communiqué de presse du collectif :

Des travailleurs/ travailleuses du sexe et des acteurs/actrices de santé appellent à la mobilisation ce 17 décembre 2014 à Lyon contre les arrêtés municipaux anti - stationnement et anti - circulation visant les travailleuses du sexe du quartier de Gerland.

Alors que le Sénat étudie toujours la prochaine loi de répression de la prostitution, nous nous mobilisons à Lyon le 17 décembre. Il s’agit de la journée mondiale de lutte contre les violences envers les travailleuses du sexe, créée en mémoire des travailleuses du sexe assassinées et pour lutter contre la stigmatisation et les discriminations engendrant les violences.

Mobilisons nous à Lyon contre les choix que fait la mairie du 7ème arrondissement de Lyon qui semble préférer répondre aux pressions de lobbys économiques et mettre en danger la santé et la sécurité de personnes du fait de leur activité prostitutionnelle.

Les travailleuses du sexe du quartier de Gerland font face à un harcèlement quasiment quotidien qui tend à les asphyxier financièrement1 et les détruire moralement, bien que leur activité soit légale. Des arrêtés municipaux visant le stationnement des camionnettes dans ce quartier ce succèdent depuis mai 2008.
Depuis cette rentrée 2014, même la circulation de camionnettes est interdite dans la zone de Lyon Techsud (mise en place de barrières et de vigiles).
Ces mesures discriminatoires sont une violence à la fois physique et symbolique qui menace la santé et la sécurité de femmes et mettent à mal des systèmes d’entraide et de solidarité courageusement mis en place dans la durée.
Quand des mesures politiques excluent et discriminent, elles ouvrent la porte à toutes sortes de violences par des agresseurs qui se sentent le pouvoir de nuire en toute impunité2 !

Pourtant des femmes dans la rue c’est du monde et rien n’est plus dangereux que des rues désertes. Elles sont une présence vigilante qui assure plus de sécurité pour tous et toutes.
Où la mairie s’arrêtera-t-elle face à l’emprise des entreprises de biotechnologies sur le quartier ? Qui seront les prochains sur la liste à ne plus avoir accès à l’espace public?
Solidarité !
Mobilisons nous ce 17 décembre 2014
Rassemblement place Jean Macé de 15h à 18h.

Contact presse : http://putainsderencontres.wordpress.com/

1 Plusieurs amendes (entre 3 et 5) de 35 euros par jour, mise en fourrière régulière (135 euros pour récupérer la camionnette).
Mise en fourrière y compris de véhicules en circulation ou bien de fourgonnettes garées près du logement lorsque nous habitons à Gerland.
2 De plus, lorsque nous appelons la police au moment d’une agression (vol, coups, harcèlement etc.) elle ne prend pas en compte notre appel. 

 

Plus d’infos sur les diverses initiatives en France autour de cette journée :

mercredi 10 décembre 2014

« Genre et sexualités » : un colloque organisé par le GenERE





Encore un colloque passionnant, ouvert à tou-te-s, et gratuit.

Voici la présentation :

Si genre et sexualité semblent aller de pair, notamment dans le sens commun qui postule un certain alignement entre sexe, genre et sexualité[1], ce lien ne va en réalité pas de soi. La pensée féministe s’est en effet d’abord attachée à distinguer ces deux réalités, afin notamment d’aller à rebours du sens commun qui tend à « tout mélanger »[2]. Ainsi, penser les rapports entre genre et sexualité exige d’abord de les considérer comme choses distinctes. On peut alors définir la sexualité comme 1) une institution qui hiérarchise les sexes et les pratiques et préférences sexuelles, 2) une expérience, un ensemble de pratiques, et 3) des identités sociales et politiques[3]. Consacrer une journée d’étude à ce sujet semble donc particulièrement intéressant pour une structure pluridisciplinaire comme la nôtre. Comment articuler ces trois dimensions et comment recoupent-elles ou traversent-elles les sciences ? Le simple fait de caractériser ou non quelque chose comme étant sexuel implique des enjeux normatifs (juridiques, philosophiques) et méthodologiques. Certaines catégories, comme l’hétérosexualité, l’homosexualité ou encore la bisexualité, sont relativement récentes et méritent d’être replacées dans une histoire – leurs frontières étant sans cesse négociées et redéfinies par les pratiques et les acteurs (par exemple, les personnes asexuelles demandent à ce que l’asexualité soit reconnue comme une orientation sexuelle). En invitant des chercheuses et chercheurs, issu·e·s de disciplines différentes et travaillant sur la ou les sexualités, à présenter leurs travaux, mais également à en discuter conjointement autour d’une table ronde, nous nous proposons d’amorcer un échange qui nous permettra de croiser les regards sur ce sujet intime, social et politique.
Afin de mener au mieux ces journées, il nous est apparu pertinent de les articuler autour de différentes interrogations : questionner le contexte (où et quand ?) des pratiques en fonction du genre semble primordial, autant que la réflexion sur ses relations avec les modalités mêmes de cette pratique (l’influence du genre sur la manière de faire l’amour). Il s’agira aussi de voir comment les choix sexuels sont faits par les individus (avec qui ?), avant de s’intéresser aux conséquences genrées (et après ?) de ces choix, que ces conséquences soient liées à l’orientation sexuelle, aux relations à l’identité perçue ou assignée, ou aux partenaires choisi·e·s.


[1] BUTLER Judith, Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité, Paris, La Découverte, 2005 (1990), pp. 67-70 notamment.
[2] DELPHY Christine, L’Ennemi principal. 2. Penser le genre, Paris, Syllepse, 2001 (1991), p. 44.
[3] JACKSON Stevi, « Récents débats sur l’hétérosexualité. Une approche féministe matérialiste », Nouvelles questions féministes, vol. 17, n° 3, 1996, p.14.






Et voilà le programme (prévisionnel) :


Jeudi 11 décembre 2014

10h30 : Introduction (membres de GenERe)

10h45-12h15 Matin : Où et quand ?

Michèle Rosellini  (Lettres modernes) : Le concept de « scène sexuelle »
Pascale-Marie Milan (Anthropologie) : « Il n’y a pas de mariage, les hommes visitent les femmes la nuit. Mais pour les touristes c’est 16h-00h! »

14h-15h30 Après-midi : Comment ?

Anne Verjus (Sciences politiques) : Des pratiques sexuelles transgressives des normes de genre : oui mais de quelles normes ?
Isabelle Clair (Sociologie) : Les conflits conjugaux. Entre mise en scène ludique et réitération de l’ordre du genre

16h-17h 

Nicolas Faynot (Anthropologie) : Jongler entre performance et abstinence; à propos de parcours sexuels d’hommes sénégalais multipartenaires

Vendredi 12 décembre 2014

10h-11h 
Michel Bozon (Sociologie) : L’âge de la sexualité, une forme d’emprise du genre

11h-12h30 Matin : Avec qui ?

Michel Senellart (Philosophie) : Sexualité et sexe dans La volonté de savoir de Foucault
Jeanne Bovet (Biologie) : Choix du partenaire, attractivité féminine et évolution humaine

14h-15h30 Après-midi : Et après ?

Pierre Albertini (Histoire) : L’homophobie en France et en Angleterre, une évolution paradoxale, 1960-2014
Angeline Durand-Vallot (Civilisation américaine) : De la contraception à l’avortement : les droits reproductifs des femmes aux Etats-Unis

16h-18h : Clôture 
Louis-Georges Tin, « L’invention de la culture hétérosexuelle » (sous réserve)

Tout ça se passe à l’ENS de Lyon, site Monod (46 allée d’Italie, 69007 Lyon),
Jeudi 11 décembre : salle des conférences (de 10h30 à 17h) 
Vendredi 12 décembre : salle des conférences le matin (de 10h à 12h30) puis salle des thèses l’après-midi (14h-18h).

dimanche 7 décembre 2014

Connaissez-vous les sœurs qui veillent perpétuellement sur nous??









Salut les superféministes! Cette semaine en exclusivité intersidérale vous allez découvrir, ou redécouvrir, ou rereredécouvrir les fabuleuses sœurs de la perpétuelle indulgence! Une rencontre pour vous, qui diffusera paix, amour, paillettes et lubrifiant... Assez de rêves, c'est parti pour leur réalisation!

Bonjour Sœur Marya Ulrika-pote! Mère supérieure du bien aimé couvent des 69 gaules.
Aloooooors :

- Les sœurs de la perpétuelle indulgence qu'est-ce que c'est? Ça a commencé où et comment?
Alors, c'est un ensemble d'associations, chaque couvent étant une association. Ça a commencé en 1979, à Pâques, à San Francisco. C'était dans le quartier gay de Castro, une poignée de gays avaient piqué des vraies tenues de nonnes dans un vrai couvent pour jouer la mélodie du bonheur. Du coup ils ont eu l'idée de débarquer en pleine rue avec les robes et des pistolets à eau pour faire un truc à mi-chemin entre la blague et le happening. Ils ont aspergé les gens de flotte en leur hurlant "Aimez-vous ! Aimez-vous!" Cette action leur a permis de se rendre compte de 2 choses : la 1ère, c'est que les gays avaient tendance à être un peu "sectorisés" c'est à dire les folles d'un côté, les bear de l'autre, les queers encore d'un autre etc... Bref qu'il n'y avait pas vraiment d’échanges à l'intérieur de la communauté. Et le 2ème truc qu'ils ont réalisé c'est que les gens venaient leur parler, de leurs vies, de leurs souffrances, en fait l'habit de nonne ça donnait un petit côté "confession". Du coup ils ont fait ça à plusieurs reprises… Quelques année plus tard l'épidémie du SIDA a commencé et les sœurs de San Francisco ont été les premières à réaliser un tract de prévention. Ce tract s'appelait "play fair play safe". Ils y disaient "on connaît pas encore grand choses sur cette maladie, on ne sait pas exactement ce qui se passe mais protégez-vous en mettant des préservatifs face à cette maladie". Et petit à petit, les sœurs se sont propagées, ont essaimé leur mouvement au travers des États-Unis.

- Et en France alors ? Comment c'est venu ?
C'est venu de certains activistes français, ils ont rencontré les sœurs et ils ont trouvé le mouvement et ce mode de fonctionnement différent et percutant. Du coup ils ont voulu impulser le mouvement en France et ont profité d'une tournée des sœurs en Europe pour créer avec elles le 1er couvent français à Paris. Après ça s’est propagé un peu partout en France, comme aux Etats-Unis, des personnes ont découvert les sœurs déjà existantes, ont appris auprès d'elles, et ont monté leur propre couvent en différents endroits.

- Et à Lyon? Le couvent des 69 gaules concrètement, qu'est-ce que c'est?
C'est un couvent, comme les autres, créé sur le même modèle que les autres couvents de France. Nous sommes nées le 8 octobre 2011, selon notre calendrier, en l'an 42 après Stonewall. Au départ, 3 sœurs et 2 novices du couvent des "Chênaies" (parce que c'est toujours sous les plus gros chênes qu'on trouve les plus gros glands), agissant dans les Bouches du Rhône et les Charentes maritimes mais habitant sur Lyon, ont décidé qu'il y avait du travail à faire ici et ont monté le couvent des 69 gaules avec l'aide et la bénédiction du couvent des Chênaies, du couvent de Paris, du couvent de Paname, d'un des couvents de Berlin, et même du couvent de San Francisco ! Aujourd'hui on est, selon notre arbre gynécologique, 7 sœurs dont une allemande, 1 novice et 1 postulant.


- Quand on vous voit vous promener en tenue de sœurs dans les rues de Lyon, qu'est-ce que vous êtes en train de faire? On peut venir vous voir? On peut prendre du temps pour discuter?
Et ben quand on est dans les rues de Lyon, on fait le trottoir dans plusieurs buts :
- d'abord pour distribuer des saintes reliques de prévention : sainte capote (toujours hot), saint gel à queue (car avec c'est mieux), saint fémidon (pour toutes les Maries qu'on aime de Marie-salope à Marie-couche-toi-là), saint gant de latex (pour le saint sacrifist), sainte digue dentaire (pour celles qui aiment le jardinage), sainte seringue à usage unique et saint roule ta paille (les parachutes des paradis artificiels).
- le 2ème but c'est d'être visibles, de promouvoir le droit à la différence,
- ensuite, c'est pour récolter des fonds, c'est pas pour payer notre maquillage, c'est pour financer nos actions ou alors d'autres actions en faveur de la lutte contre le SIDA qui est notre objectif historique.
- Le dernier objectif c'est de rencontrer les ouailles, tous les gens : cette asso est une asso par des personnes pour des personnes quelles que soient leur histoire, leur parcours, si elles-ils ont des choses à nous dire : welcome ! Alors si vous nous croisez dans la rue, où que ce soit, n'hésitez pas venez nous voir (on ne mord pas, sauf si on nous demande gentiment)! 

- On nous a parlé des "ressourcements", quesako?
Les ressourcements c'est une spécificité des sœurs françaises. Ce sont des séjours non médicalisés pour les personnes touchées ou concernées par le VIH, les co-infections, les addictions et les deuils. C'est en petits groupes, dans un beau lieu isolé, loin de la ville, pendant une semaine. Au niveau des tarifs, il y a le plein tarif et ensuite ce n'est jamais gratuit mais on s'adapte en fonction des revenus et de la situation des personnes. Sur place, il y a des ateliers qui peuvent être d'expression artistique (chanter, écrire, danser, etc…), cela peut être des ateliers corporels (du massage, du toucher), on fait aussi des balades, des groupes de paroles. Ce sont toujours des ateliers collectifs, soit tout le monde, soit par groupe mais jamais en individuel. On prend nos repas ensemble et le but c'est que les personnes se réapproprient leur corps et leur identité, soient solidaires, soient coupées de leur quotidien car cela peut être des personnes aux réalités quotidiennes très dures, et surtout puissent parler de tout (de leurs traitements, de leurs colères etc...). Ce sont souvent des personnes qui peuvent être en rupture sociale, en rupture familiale, en rupture professionnelle, mais surtout souvent en rupture avec elles-mêmes.

- Et les permanences menstruelles, c'est quoi au juste alors?
Alors c'est tous les premiers mercredis du mois, c'est une permanence au forum gay et lesbien (17 rue du romarin Lyon 1er) conviviale où on accueille celles/ceux qui veulent nous voir pour discuter, poser des questions, pour souffler un peu, pour faire des ateliers artistiques et militants, et bien sûr pour passer des bons moments avec les sœurs de la perpétuelle indulgence !!

- Vous avez, en tant que sœurs, des saintes patronNEs il me semble, qui sont elles-ils?

Nos Saints Patrons et Saintes Patronnes :
          Sainte Pouffe, Patronne des Couvents de France,
          Sainte Tapiola, Patronne des Garçons qui aiment les Garçons,
          Sainte Sapho, Patronne des Filles qui aiment les Filles,
          Sainte Cyclette, Patronne des Bi (oui, nous avons aussi de l’humour),
          Saint Jean d’Arc, Patron des Trans et des Intersexes,
          Sainte Coccinelle, Patronne des Fleurs de Trottoirs, tapins et travelottes,
         Sainte Thérèse, Patronne des pansexuel-le-s, ceux et celles qui aiment tous les sexes et aiment la baise,
          Sainte Philomène, Patronne des asexuel-le-s,  émouvant-e-s pas touchant-e-s,
          Sainte Marie-Jeanne, Patronne des nuages thérapeutiques et des éléphants roses,
          & Sainte Rita, Patronne des causes désespérées et des Hétéros et Hétérottes.

Nos Guides Stellaires : Tou-te-s nos ami-e-s, familles, amant-e-s et héro-ïne-s qui nous regardent depuis le Paradisco, quelque part au-delà de l’arc-en-ciel .

Les Vœux des 69 Gaules
1. Célébration de la fête et de la joie multiverselles,
2. Visibilité, rejet de la honte et de la culpabilité stigmatisante et lutte contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie, la sérophobie, la handiphobie, la xénophobie, le sexisme, le racisme, l’âgisme et toutes les formes de discriminations,
3. Information et prévention Sida et Infections Sexuellement Transmissibles,
4. Charité et partage,
5. Paix entre les communautés LGBT-APIQF & respect de toutes les différences,
6. Droit et devoir de mémoire des personnes persécutées et décédées en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre et des suites du Sida.

- Et voilà c'est déjà fini ! Une dernière remarque? Un petit message pour les superféministes ?
Deux choses : la 1ère c'est que quelles que soient nos luttes, contre toutes les haines, ce n'est que le poing levé et ensemble qu'on arrive quelque part ; et la 2ème chose, VOUS ALLEZ VOUS AIMER BORDEL DE MERDE !!!:-)


MERCI MA SŒUR! Merci à tout le couvent des 69 gaules, et bien-sûr à bientôt on espère!
                              


                                    spi.couventdes69gaules@gmail.com


Photos : Julien Adelaere
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