mercredi 11 juin 2014

Fiertés!


Vous avez peut-être entendu parler d'une polémique autour du mot d'ordre de la Marche des Fiertés lyonnaise et d'un appel à la désolidarisation... ou pas. Voici en tout cas le texte qui explique pourquoi le Planning Familial 69, et donc Superféministe, marcheront samedi, capes au vent! Nous espérons vous y retrouver nombreux-euses, et on se donnera bientôt un point de RDV! [le voilà : vers 14h au métro Masséna, et ensuite, il faudra nous chercher vers les associations, avec le Collectif lesbien lyonnais et Cabiria]



Pourquoi le Planning Familial 69 appelle à la Marche des Fiertés lyonnaise

Osez le féminisme 69 a lancé un communiqué de presse, avec appel à signatures, et à désolidarisation de la Marche des Fiertés lyonnaise il y a quelques jours. Devant l'ampleur quasi nationale que prend cette polémique, le Planning Familial 69 tient a rendre publique sa propre démarche.

Un mot d'ordre qui fait débat

Le mot d'ordre choisi cette année par la LGP de Lyon, organisatrice de la marche des Fiertés, est le suivant « Droits des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution : nos corps, nos choix ». On peut saluer un mot d'ordre qui place clairement la Marche dans une perspective politique. On peut également trouver intéressant l'affirmation du lien fondamental entre les luttes contre les LGBTphobies et les luttes pour les droits des femmes (ainsi que c'est affirmé sur le site de la LGP Lyon). On peut aussi le voir comme une instrumentalisation d'un slogan emblématique des luttes pour les droits des femmes, et estimer que l'affirmation selon laquelle il y a « urgence à adopter une approche pragmatique centrée uniquement sur le droit fondamental de disposer librement de son corps sans contrainte étatique, politique, juridique[...] » est simpliste et pose pour le moins question.
Quoiqu'il en soit, c'est un mot d'ordre qui interpelle et mérite débat. Le Planning Familial 69 n'est pas en accord avec l'ensemble des analyses et revendications de la LGP, mais les affirmations très fortes et péremptoires qui lui sont opposées ne nous conviennent pas plus. La GPA comme la prostitution recouvrent des réalités diverses qui méritent et font débat quant à leur interprétation et leur analyse. Nous aimerions que ce débat puisse être mené avec ouverture d'esprit, raison et souci de justesse, sans procès d'intention ni décernement ou retrait de « brevet de féminisme ».
De plus, la Marche des Fiertés n'a jamais été a priori uniforme. Les polémiques sur ses mots d'ordre sont nombreuses et récurrentes, et il nous a toujours été possible d'y porter notre propre voix, nos propres slogans et revendications, comme nous le faisons dans de nombreuses mobilisations à chaque fois que les mots d'ordre généraux ne nous satisfont pas pleinement.

Ce que signifie la Marche des Fiertés dans le contexte actuel

La Marche des Fiertés est souvent perçue comme un rituel festif sans grande importance ou enjeu. Pourtant, dans le climat de libération des paroles et revendications LGBTphobes et sexistes, exacerbé depuis l'annonce de la loi dite du « mariage pour tou-te-s », on en redécouvre aussi les enjeux politiques. Mais au-delà encore, il nous semble fondamental de ne pas oublier pourquoi elle s'appelle Marche des Fiertés. C'est notamment parce qu'elle permet à des milliers de personnes LGBTQI, une fois dans l'année, de prendre la rue, d'être visibles en se sentant nombreux-euses, solidaires, et aussi fort-e-s et fier-e-s. Cette fierté-là est une affirmation performative qui essaie tant bien que mal de se construire contre l'intériorisation de l'hétérosexisme, inévitable, à divers degrés, dès lors que l'on vit dans notre société. Elle permet de prendre du courage pour affronter, tout le reste de l'année, la violence de propos, d'actes, publiques ou privés, mal intentionnés ou simplement non réfléchis, qui reflètent que oui, notre société reste aujourd'hui, homophobe, lesbophobe, transphobe, hétérosexiste. Et oui, marcher peut être en ce sens vital pour certaines personnes LGBTQI.

En prenant en compte l'ensemble de ces considérations, et dans un contexte d'attaques réactionnaires dont les partisans ne font pas de distinctions entre sexisme et LGBTphobies, il nous semble important de ne pas nous désolidariser de la Marche des Fiertés et des associations LGBT lyonnaises. Nous aurions préféré montrer l’unité de nos mouvements pour faire face aux réactionnaires de tout poil et permettre un débat apaisé des différentes associations en respectant les positions de chacun-e sans dérives ni violences dans les propos.
C'est pourquoi nous serons présentes, cette année comme les années précédentes, à la Marche des Fiertés, samedi 14 juin 2014, dans un cortège féministe qui portera nos revendications :
      - pour l'ouverture de l'accès à la PMA pour toutes les femmes qui la souhaitent ;
      - pour la reconnaissance des droits des personnes trans ;
      - pour le droit à l'IVG pour toutes en Europe ;
      - contre la loi de pénalisation des clients de la prostitution ;
      - pour l’ouverture d’un débat serein sur la GPA ;
      - pour réaffirmer notre combat pour une société plus juste et égalitaire et pour combattre les propos homophobes, lesbophobes, transphobes, hétérosexistes.


















 Et par ici la réaction du Collectif Lesbien Lyonnais : http://collectif-l.blogspot.fr/2014/06/osez-la-solidarite.html