dimanche 22 septembre 2013

Bien fait !





Il est pas trognon, ce petit vieux avec ses chaussons pour bébé tricotés main ?

Et bien imaginez que vous êtes une femme.

Imaginez que vous venez dans un hôpital ou un centre de planification pour interrompre une grossesse non désirée.

Imaginez qu’à votre arrivée, une bande d’illuminé-e-s à chapelets se mette en travers de votre chemin pour vous dissuader d’avorter, qu’ils/elles cherchent à vous culpabiliser, vous tendent les petits chaussons précités ainsi qu’une médaille de la Vierge, et débitent des prières pour les âmes des fœtus assassinés…

… Et tout de suite il paraît moins sympathique, le bonhomme.

D’ailleurs, il vient de se prendre une amende de10 000 € (d’où le titre de l’article) pour entrave à l’IVG. Ancien médecin, militant catholique et d’extrême-droite, Xavier Dor n’en est pas à sa 1ère condamnation. Ceux et celles qui ont connu, au début des années 90, la période des « commandos anti-IVG » connaissent déjà le personnage. (Les plus jeunes, si vous êtes sages, vous aurez peut-être droit un jour à un article de la fameuse rubrique Féministosaure pour vous remettre dans l’ambiance de l’époque…). La plupart de ces groupes qui s’enchaînaient aux tables d’opération, dé-stérilisaient le matériel ou empêchaient le fonctionnement des services en s’agenouillant pour prier se sont calmés après qu’ait été voté en 1993 le « délit d’entrave à l’IVG » (loi Neiertz). Mais même s’ils ne peuvent plus pénétrer dans les hôpitaux, certains groupes ont continué à manifester devant les établissements. 

Surtout, les opposants au droit à l’IVG ont développé d’autres stratégies, notamment en investissant Internet : sites faussement neutres qui visent à dissuader d’avorter, achat de liens pour que leurs références apparaissent dès qu’on tape les mots-clés « IVG », « avortement », « Centre de planification »…Le gouvernement soutient d’ailleurs une extension du délit d’entrave, qui pourrait inclure la diffusion de fausses informations sur l’IVG, ou le fait de bloquer les centres d’IVG, même sans entrer dans les centres (amendement voté au Sénat le 17 septembre dernier).

Néanmoins, quelque soient les modes d’action des anti-IVG et leur puissance financière, ils/elles restent très minoritaires politiquement en France. Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le droit à l’IVG sont plutôt liées aux fermetures des centres, aux manques de financement de l’Hôpital, aux difficultés d’accès aux soins : et c’est là-dessus que l’on cherche en vain une vraie volonté politique de la part du gouvernement en place.

Nous diffusons ci-dessous le communiqué de presse co-signé par le Planning Familial, la CADAC et l’ANCIC, parties civiles dans ce procès.
 
 
X. Dor à nouveau condamné pour délit d’entrave à l’IVG au TGI de Paris




Ce Lundi 16 septembre, la 31ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris vient de rendre son verdict dans le procès opposant Le Planning Familial 75 à Xavier Dor.

Le verdict vient d’être rendu dans le procès engagé contre Xavier DOR qui avec d’autres opposants s’était introduit dans les locaux du Planning Familial 75 les 25 et 26 juin 2012. L’association avait porté plainte pour « entrave à l’interruption de grossesse par pressions, menaces ou intimidation du personnel, d’une patiente ou de son entourage », délit puni par la loi à condition que les personnes puissent ou osent porter plainte.

Le Planning Familial, l’ANCIC (Association nationale des Centres d’Interruption Volontaires de Grossesse et de contraception) et la CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) s’étaient constituées parties civiles à ce procès.

Cet opposant actif à l’avortement a déjà fait l’objet de comparutions et condamnations devant les tribunaux correctionnels de France pour délit d’entrave à l’IVG : car malgré la loi, il nie toujours aux femmes le droit à disposer de leur corps et d’exercer leur libre choix en matière de sexualité, de contraception et d’avortement.

Le verdict rendu aujourd’hui condamne ces agissements et réaffirme que ce droit inscrit dans la loi depuis presque 40 ans ne peut plus être bafoué sans vergogne par des opposants qui s’estiment au-dessus des lois et nuisent ainsi à la société.

Toute femme doit pouvoir avorter aujourd’hui en France, sans avoir à justifier son choix, sans culpabilisation ni stigmatisation et quelle que soit sa situation sociale, économique ou géographique. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place des campagnes nationales d’information sur la sexualité la contraception et l’avortement comme celle initiée par le Conseil régional Ile-de-France en partenariat avec Le Planning Familial, l’Ancic et la Cadac. Cela va de pair avec le développement de centres de proximité de qualité qui permettent un accès rapide à l’avortement et la formation adaptée de professionnels-les de santé en matière de contraception et d’IVG.

Il est temps que ce droit inscrit dans la loi soit enfin légitime et cesse d’être considéré comme un droit « à part ».
Les associations poursuivront leur combat pour que toute femme puisse exercer ce choix ici ou ailleurs.