lundi 18 mars 2013

Qui a restructuré restructurera. (La situation de l’IVG à Lyon)





Un service qu’on ne peut pas joindre au téléphone

Une infirmière qui doit se partager entre deux  blocs opératoires avec une césarienne d’un côté, une IVG de l’autre

Des médecins volontaristes qui se chargent du brancardage des femmes avant leur intervention

Une femme qui arrive au bloc pour une IVG sous anesthésie locale sans avoir eu de prémédication (antidouleurs, anxiolytiques) parce que les infirmières débordées n’ont pas eu le temps d’aller jusqu’à sa chambre



Ces petits événements n’arrivent pas tout le temps, fort heureusement, mais ils tendent à se multiplier ces derniers temps dans les services d’IVG en restructuration… Et c’est bien parti pour empirer si on ne parvient pas à mettre fin à cette vague de démantèlement des services.

Retour sur les plans de restructuration en cours dans les centres d’IVG de Lyon Sud et de la Croix-Rousse

Plusieurs articles sur le blog ( et là aussi) et sur D’Ebats Féministes (ici), ont rendu compte de l’action du Collectif IVG 69 depuis juin 2012 contre ces projets qui mettent en danger l’accès à l’IVG. A la veille d’une nouvelle mobilisation, voilà quelques infos sur ce qui s’est passé dernièrement :

A Lyon Sud

Alors que l’intégration des IVG au service de gynécologie de semaine en novembre dernier était présentée comme un moyen de préserver ce service en baisse d’activité, voilà que depuis février, une nouvelle restructuration a eu lieu. Fini le service de semaine, qui a été fermé, et les IVG sont effectuées depuis dans un autre service de gynéco. Cette gestion à la petite semaine est caractéristique des contraintes qui pèsent aujourd’hui sur l’hôpital public : il faut faire des économies, on va couper un bout ici, supprimer quelques postes par là, et puis il faut à nouveau couper, alors on redéfait, dans une logique à court terme purement économique qui considère les personnels comme des variables d’ajustement et la qualité des soins… la quoi ?

Quelles sont conséquences concrètes de cette politique ?

   - Les soignant-e-s qui se retrouvent en charge de l’IVG ne sont pas forcément volontaires, et n’ont pas bénéficié d’une formation spécifique sur la question de l’IVG au-delà d’une ou deux heures de transmission d’infos purement techniques. Les services restructurés fonctionnent à flux tendu, accueillent des patientes pour des pathologies très variées qui nécessitent des soins parfois urgents, les absent-e-s ne sont pas remplacé-e-s… autant dire que le temps d’accompagnement et d’écoute nécessaire lors d’une IVG est quasi inexistant.

   - Les femmes voient leur parcours morcelé entre 3 lieux différents, avec à chaque fois des interlocutrices différentes. L’accompagnement proposé se réduit de plus en plus au minimum technique nécessaire.

   - La ligne téléphonique « dédiée » aux IVG existe encore pour l’instant… mais il n’y a pas toujours quelqu’un au bout du fil, car l’infirmière qui en a la charge fait aussi l’accueil des femmes sur place, l’ouverture du dossier médical, les prises de sang, et gère les problèmes administratifs, etc… Cette situation va créer à terme (outre le stress vécu par des femmes qui cherchent un rendez-vous et ont du mal à joindre un service) une baisse d’activité du service… et comme plusieurs cadres des HCL ont déjà évoqué sa fermeture, cette baisse tombera à pic pour justifier la suppression des IVG à Lyon Sud…

A la Croix-Rousse

Après plusieurs mois d’incertitude, les HCL viennent de préciser le sort qui sera fait au centre d’IVG : là aussi, le service sera démantelé, avec l’hospitalisation des femmes en gynécologie au nom de la « mutualisation des compétences ». Alors que l’on connaît très bien les raisons de cette restructuration (économies budgétaires), le projet présenté aux équipes est un chef d’œuvre de communication d’entreprise puisqu’il évoque une meilleure qualité des soins, un service plus efficient etc… Les questions du personnel et du Collectif IVG sur la perte de compétence, le problème de confidentialité et l’absence de volontariat n’ont pas été prises en compte. Cette restructuration rentrera en vigueur très prochainement.


Peut-on encore faire reculer cette dynamique de restructuration délétère pour l’offre d’IVG, pour la qualité de l’accompagnement et pour les droits des femmes ?



Nous continuons à nous battre en tout cas et le Collectif IVG 69 appelle à un nouveau   
Rassemblement le 23 mars à 14H
devant l’Opéra de Lyon (Métro Hôtel de Ville)

Le Collectif rencontrera également le nouveau directeur général des HCL le 28 mars et lui remettra les pétitions demandant l’arrêt des restructurations et le maintien de centres d’IVG autonomes.

La pétition est encore en ligne si vous ne l’avez pas signée ou oublié de l’envoyer à vos ami-e-s : http://luttes-unitaires-rhone.org/spip.php?article7

Et venez donc nous rejoindre au rassemblement, qui sera aussi un moment pour sensibiliser la population !