mercredi 29 février 2012

D'Egal à Egales



 
L'association Ciné Travail propose, dans le cadre de sa programmation  "Autres Regards" et en partenariat avec le Planning Familial 69, la projection du documentaire « D’Egal à Egales » de Corinne Mélis et Christophe Cordier.
Le film sera suivi d'un débat avec Corinne Mélis.
                                     
Le Jeudi 8 mars à 19H30

A la MJC Monplaisir
25 avenue des Frères Lumières 69008 LYON


Présentation :
Anissa, Dorothée, Keira et Nora : quatre femmes qui ont décidé de prendre la parole contre les inégalités. Elles sont issues de l’immigration et, à ce titre, elles subissent une triple discrimination : sexiste, raciste et sociale. D’égal à égales de Corinne Mélis et Christophe Cordier raconte leur prise de conscience, leurs luttes pour les droits des femmes, pour la reconnaissance et pour la dignité. Le film suit leurs itinéraires personnels d’où il ressort une réflexion sur l’émancipation individuelle et collective, car les deux réalisateur-es ont choisi de croiser les expériences d’Anissa, Dorothée, Keira et Nora avec les paroles des ouvrières de LIP, dans les années 1970.
Elles ont choisi de s’engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariéEs dans les secteurs du nettoyage, du commerce, des services aux particuliers, d’industries à l’agonie, où l’on retrouve nombre de femmes issues de l’immigration. En provenance d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest, elles s’inscrivent dans une histoire migratoire post-coloniale qui imprègne leur cheminement individuel. Travailleuses et syndicalistes, elles bousculent les stéréotypes sur les « femmes immigrées ».
Traversant et retraversant ces multiples frontières, elles incitent leurs interlocuteurs/trices à modifier leur regard sur les femmes, sur les immigréEs, sur les ouvrièrEs et les précaires. Par–delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité, tandis que s’accentue la précarisation du salariat. Dans l’espoir d’être traitées, enfin, « d’égal à égales ».

mardi 28 février 2012

"SexualitéS"


L'association EFiGiES et son atelier lyonnais ARGU proposent en 2012 un cycle de rencontres autour du thème "sexualitéS".

EFiGiES est une association qui vise à créer de la solidarité entre étudiant.e.s, doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s en Etudes Féministes, Genre et Sexualités à travers une mise en commun de savoirs et d'informations. 
L'Atelier d'EFiGiES se veut  un lieu de rencontres et d'échanges entre des personnes engagées dans une démarche académique de recherches et des militant.e.s sensibles aux problématiques de genre et/ou sexualités.


Le programme des rencontres :
Lundi 27 février
David Paternotte : « Revendiquer le mariage gay. Belgique, France, Espagne »
> Présentation critique de l’ouvrage par Alexandra Levasseur, en présence de l’auteur


Jeudi 22 mars
Agnès Giard : « Imaginaire érotique et histoires d’amour au Japon »
> Conférence-débat sur une mise en perspective historique et mythologique des fantasmes et mœurs sexuelles et amoureuses du Japon

Mardi 3 avril
Yannick Gallepie : « Pixels féministes, pixels queer. Etude socio-esthétique des processus de réappropriation du cinéma déployés par les militant-es féministes et queer radicaux grâce aux technologies numériques » > Réflexions et discussions autour d’une présentation d’extraits vidéo
Jeudi 24 mai
Claire Greslé-Favier : « Le cas de l’abstinence sexuelle avant le mariage comme méthode d’éducation dans les Etats-Unis de G.W Bush »
> Présentation des recherches de thèse, et une réflexion plus générale sur l’éducation à la (non-)sexualité comme prévention des risques dans le contexte actuel et international

Jeudi 12 juin
Lola Gonzalez-Quijano : « Racolage et filles publiques dans le Paris du XIXème siècle »
> Conférence-débat sur une mise en perspective historique et géographique des espaces de la prostitution


Les séances sont libres et ouvertes. Elles ont lieu de 18h à 20h, à l'Institut des Sciences de l'Homme Lyon 7ème (Tramway T2, arrêt Centre Berthelot).

http://www.efigies.org/ 

lundi 27 février 2012

Conférence « Féminismes postcoloniaux » à l'IEP

Le CCRASS (Collectif Critique de Réflexions et d'Actions Sociales Solidaires) organise une conférence « Féminismes postcoloniaux » ce mercredi 29 février, de 18H à 20H à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (14 av. Berthelot, Lyon 7e, Arrêt Jean Macé)

Quelques éléments de contexte...
Cette conférence dans un contexte où les idées féministes sont parfois reprises de façon bien nauséabonde... et islamophobe.
Le 15 octobre 2011, l'Institut d'Etudes Politiques recevait un « colloque » de l'association « Regards de Femmes », présidée par Mme Michèle Vianès. Le CCRASS avait aussitôt alerté la direction de l'établissement sur les écrits pour le moins controversés de Mme Vianès et sa participation à plusieurs manifestations d'extrême-droite (publication sur le site Riposte laïque, participation aux assises contre l'islamisation...). Mme Vianès explique ainsi dans son ouvrage de 2004 Les Islamistes en manœuvre, silence on manipule : "Les filles dénoncent ceux qui veulent enserrer leur visage dans un bout de tissu pour atrophier leur cerveau afin de leur interdire de réfléchir. Ce tissu devenu, avec la prise en otage de nos compatriotes, en août 2004, le drapeau du crime." (p. 13)

Le jour même du colloque, l'Institut était, sous les yeux ébahis des quelques militant-e-s présent-e-s, fouillé par un vigile avec un chien, vigile qui filtrait l'accès à l'amphithéâtre... Plusieurs étudiant-e-s de l'IEP avait ainsi été refoulé-e-s.

Pour ne pas laisser cette parole hégémonique à l'IEP, et partout ailleurs, le CCRASS a décidé d'organiser une rencontre autour des thématiques des féminismes en contexte postcolonial ; en discutant notamment de la relation entre féminismes et islam.

Les deux intervenantes seront Malika Hamidi et Marie-Laure Bousquet. Malika Hamidi est doctorante à l'EHESS, Directrice Générale de l’European Muslim Network, auteure entre autres de Racisme, idéologie postcoloniale... et les femmes dans tout ça ?.
Marie-Laure Bousquet est membre du CFPE, le Collectif Féministe Pour l’Egalité.
Venez nombreux/ses.


Débats à la MJC Monplaisir



La MJC Monplaisir s’est engagée dans tout un programme d’initiatives autour des rapports hommes /femmes, des stéréotypes, des discriminations liées au genre : ateliers avec les enfants,  les ados, zoom sur la littérature jeunesse non-sexiste, soirées-débats… En mars, elle propose 2 conférences :

Le sexe du cerveau, entre science et idées reçues.
Avec Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche à l’Institut Pasteur
Le vendredi 2 mars à 19H30

L’inégalité a-t-elle un sexe ?
Avec Elise Vinet, maîtresse de conférence en psychologie sociale
Le mercredi 28 mars à 20H

MJC Monplaisir : 25, avenue des frères Lumière  69008 Lyon
                            Métro D, Arrêt Sans-Souci
                                                                            04 72 78 05 70
                                                                            http://www.mjcmonplaisir.net/


dimanche 26 février 2012

Due Partite

Quand des militantes du Planning Familial font du théâtre…

Le Planning Familial 69 (groupe coteaux et monts du lyonnais) invite le Planning de l’Ardèche à Saint Martin en Haut pour une représentation de « Due Partite ». Cette pièce de Cristina Comencini est mise en scène par Marijo Penel et jouée par des militantes de l’Ardèche.
Ce sera le vendredi 9 mars à 20h30 au cinéma Paradiso de Saint Martin en Haut.


« Quatre amies dans les années 60 bavardent, évoquent leur quotidien, leur vie d’épouse et de mère, leurs amertumes, leur impatience face à un monde figé qui leur impose des rôles étriqués. Leurs confidences s’imprègnent de révolte et d’espoir.
En deuxième partie on retrouve, 30 ans plus tard, les filles des premières. La donne a bien changé. Un autre monde, un autre style. Elles ont pu choisir de travailler, d’avoir ou non un enfant…
Mettant en perspective deux époques, cette pièce nous questionne sur la situation des femmes hier et aujourd’hui. »

Réservation conseillée : 06.45.06.49.26.
(Participation libre au chapeau !!)


jeudi 23 février 2012

Le 3 mars, une journée contre l'extrême droite

Ami-e de Super Féministe, tu le sais ou pas, mais c'est un fait que notre belle ville de Lyon est sujette aux attaques soudaines d'extrême-droitisation aiguë. Hier c'était les commandos anti-IVG et autres "Survivants" (on fera bientôt un article pour expliquer cette histoire-là à ceuxelles qui ne voient pas vraiment de quoi il s'agit), aujourd'hui c'est notamment la multiplication des groupes néo-nazis et autres identitaires (entre autres).

Comme tu le sais, Super Féministe est antifasciste et le Planning69 fait partie du Collectif69 de vigilance contre l'extrême droite (cf article sur la manifestation antifasciste de janvier dernier). Nous avons donc participé à la préparation de cette journée où tu pourras t'informer, réfléchir et échanger sur le Front National et la Droite Populaire, les attaques sur le droit des femmes, la construction de boucs émissaires, etc. Tu pourras aussi assister à des concerts de groupes qui soutiennent la lutte antifasciste. Et puis, ce jour-là au CCO, même quand tu manges et que tu bois, c'est pour soutenir la lutte!



Programme

- 10h – Accueil
- 10h30 – 12h30 : Conférence « Fascisme et natio­na­lisme d’hier et d’aujourd’hui en Europe, en France et à Lyon » Jean-Paul Gautier his­to­rien et unE mili­tantE du col­lec­tif 69 de vigi­lance.
Les der­niè­res élections euro­péen­nes ont démon­tré que les extrê­mes-droi­tes ont le vent en poupe dans toute une série de pays mem­bres de l’UE. La situa­tion actuelle semble donc favo­ra­ble à une extrême droite qui a pris son envol électoral dans les années 80 en Europe occi­den­tale et après la chute du Mur de Berlin. Cette montée en puis­sance semble s’ins­crire dans la durée. De la Scandinavie à l’Italie, les thèmes anti immi­gréEs et anti islam (sur­tout après le 11 sep­tem­bre 2001) sont pré­sents dans les urnes, dans la manière d’Instrumentaliser les peurs et la cons­truc­tion de bouc-émissaire. L’appa­ri­tion signi­fi­ca­tive de ces partis dans le pay­sage poli­ti­que euro­péen, quel­les que soient leurs carac­té­ris­ti­ques, tra­duit un pro­fond état de crise à l’échelle du conti­nent.
- 14h-16 h : Premières séries d’ate­liers :
Atelier n° 1 : « Le Front National et la droite popu­laire » Jean-Paul Gautier et Erwan Lecoeur socio­lo­gue
L’arri­vée de Marine Le Pen à la tête du FN a fait bouger les lignes. Le FN énonce des idées sim­ples voire sim­plis­tes, ce que les gens ont envie d’enten­dre. Ceci montre le succès de sa stra­té­gie de dédia­bo­li­sa­tion. Le FN devient répu­bli­que­ment com­pa­ti­ble. Marine LePen donne l’impres­sion de faire chan­ger les lignes au FN. Elle entend acqué­rir une culture de gou­ver­ne­ment et semble plus contem­po­raine que son père, avec un cer­tain savoir faire électoral, une grande capa­cité d’adap­ta­tion et une volonté d’accé­der au pou­voir.
Atelier 2 : « Références cultu­rel­les et leur poids dans la jeu­nesse »
Quelles sont les réfé­ren­ces cultu­rel­les uti­li­sées par les grou­pes d’extrême-droite et/ou fas­ci­sants ? Quel est le poids de ces réfé­ren­ces au sein de la jeu­nesse actuelle ? Comprendre leur fon­de­ment et les com­pa­rer avec celles d’autre­fois.
Atelier 3 : « Immigration : un syn­di­ca­lisme de luttes pour les droits des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses sans papiers »
Alors que les tra­vailleurs et les tra­vailleu­ses sans-papiers par­ti­ci­pent à l’économie du pays, accrois­sent la richesse pro­duite, coti­sent à la Sécurité Sociale, à l’UNEDIC, et payent des impôts, ils n’ont ni chô­mage, ni retraite, ni citoyen­neté, ni le droit de tomber malade, ni l’assu­rance pour leurs enfants de mener à terme leur sco­la­rité. En dési­gnant des boucs émissaires faci­les, l’extrême droite et le gou­ver­ne­ment dans sa course effré­née aux voies du front natio­nal, stig­ma­ti­sent les tra­vailleurs et tra­vailleu­ses sans papiers. Par la haine de « l’étranger/ère » ils pen­sent éviter aux poli­ti­ques comme au patro­nat de rendre des comp­tes sur leur œuvre de démo­li­tion sociale. Le syn­di­ca­lisme de lutte pour les droits des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses sans papiers, c’est le syn­di­ca­lisme de lutte pour les droits de l’ensem­ble des sala­riéEs contre la mise au pas de notre modèle social.
- 16h30-18h : Deuxième série d’ate­liers :
Atelier n°4 : « Sexualités, famille, avor­te­ment : quelle société nous pré­pare l’extrême droite ? »
Quels sont les posi­tion­ne­ments des grou­pes d’extrême droite sur ces thé­ma­ti­ques ? Quels liens avec les anti-choix ? Quelles sont les stra­té­gies uti­li­sées par ces grou­pes ?
Atelier n°5 : « Luttes socia­les et syn­di­ca­lisme » :
Quel rap­port entre­tenu entre les luttes socia­les et le syn­di­ca­lisme ? Comment l’extrême droite se situe face aux luttes socia­les ? Quand l’extrême droite pri­vi­lé­gie le soli­da­risme et le cor­po­ra­tisme, pour­quoi un syn­di­ca­lisme de lutte et de trans­for­ma­tion sociale ?
Atelier n°6 : « La cons­truc­tion de boucs émissaires ».
Les fon­de­ments de l’idéo­lo­gie iden­ti­taire consis­tent notam­ment à défi­nir « l’Autre » comme le seul res­pon­sa­ble de tous les maux de la société, en sur­fant sur les peurs des popu­la­tions. Comment se sont créés dans le passé les boucs émissaires ? Comment les mêmes stra­té­gies se remet­tent en place ?
- 19h : Ouverture des portes pour les concerts
- 20h Début des concerts  :
Barrio Populo (ska)
E-One et Akye (Rap militant)
Los Tres Puntos (Ska Punk)


Restauration sur place toute la journée.
Entrée 5->10€
Au CCO Villeurbanne, 39 rue Georges Courteline
- Bus : 69, 37, C 17, C 26 arrêt « Antonins » à 140 mètres.
- Tram : Ligne 1 arrêt « Insa-Einstein » à 400 mètres.

La stérilisation : une pratique toujours taboue

                                                      

Manque d’information, réticences des médecins, préjugés : la stérilisation à visée contraceptive, pourtant légale depuis la loi du 4 juillet 2001, reste un droit à conquérir.

Le groupe des Coteaux et Monts du Lyonnais du
Planning Familial 69
organise une soirée consacrée à cette question :  

Le 15 mars 2012 à 20h30
Saint Martin-en-Haut (69)
Mairie - salle Farandole


Film/conférence et échanges
Avec le Dr Fabienne Champion
Gynécologue-obstétricienne CHU Lyon-Sud

Pour en savoir plus sur les méthodes de stérilisation féminine ("Essure", ligature des trompes) et masculine (vasectomie) :
·         Le point de vue médical et juridique (conditions, démarches, accompagnement…)
·         Les aspects psychologiques,
·         Témoignages


Plus d'infos : mfpf69@cegetel.net ou
04.78.48.17.49 (laisser un message)

lundi 20 février 2012

Projections féministes!

Pour bien commencer ta semaine, voilà une initiative que Super Féministe trouve trop bien : des projections régulières de films à thématique féministe!
C'est les jeudis, au RiFF rAff, 100 cours Marietton métro Valmy (passée la rue Saint Simon, pren­dre l’impasse der­rière le garage). Rectificatif : le RiFF rAff étant un squat désormais expulsable, les projections sont arrêtées.

Ce jeudi, à partir de 18h30 :  
 We Want Sex Equality de Nigel Cole
Au printemps 68 en Angleterre, une ouvrière découvre que, dans son usine, les hommes sont mieux payés que les femmes. Elles vont se battre, ensemble, pour obtenir les mêmes droits que les hommes.



et Debout! de Carole Roussopouloss
Un histoire du mouvement des femmes des années 70 à 80 en France et en Suisse à travers les témoignages d’une vingtaine de femmes suisses et françaises ayant participé à la naissance du mouvement féministe. Elles en retracent l’histoire, les luttes, les acquis et les soubresauts.

samedi 18 février 2012

Super Féministe s'approprie Facebook !

Bonjour à tou-te-s !

Super Féministe est désormais sur Facebook ! Vous pourrez suivre directement ses incroyables aventures militantes sur sa page Facebook !

http://www.facebook.com/pages/Super-F%C3%A9ministe/309137335782764

N'hésitez pas donc à vous abonner à la page, même si cela ne remplace évidemment pas une visite régulière du Blog ;)

vendredi 17 février 2012

NQF a 30 ans !





Nouvelles Questions Féministes est la plus ancienne des revues de recherche féministe en français. Un article en ouverture de ce dernier numéro retrace ces 30 ans de réflexion théorique et de combat : signé Christine Delphy, il rend hommage à Simone de Beauvoir qui a été directrice de publication du début (et même avant, quand la revue s’appelait  « Questions Féministes ») jusqu’à sa mort. Le texte explique comment cette génération de féministes (à partir des années 70) s’est appuyée sur le féminisme  développé dans « le deuxième sexe » pour le critiquer et en prolonger la réflexion.
L’article raconte l’histoire de la revue, les difficultés auxquelles elle a été confrontée, comment elle se fabrique aujourd’hui et rappelle la diversité des thématiques abordées, toujours en lien plus ou moins direct avec l’actualité du mouvement féministe : travail, sexualité, politique, sciences…  NQF, qui se situe « dans une perspective féministe anti-essentialiste, matérialiste et radicale » (voir la plateforme) a toujours allié une grande rigueur intellectuelle et un courage politique fort : sur les questions du voile, de la guerre du golfe, de la parité, de la prostitution, l’équipe n’a pas hésité à défendre des positions très peu consensuelles dans le paysage féministe français.
En même temps, elle manifeste une volonté de garder un dialogue au sein du mouvement : par exemple, au moment de la loi sur la parité, il y a eu un numéro « pour » et un « contre » dans un désir de confronter de vraies argumentations et non des anathèmes. La revue propose déjà depuis plusieurs années des analyses qui cherchent à prendre en compte l’imbrication des rapports de domination (de sexe, de race, de classe).
D’ailleurs, au Planning Familial de Lyon, NQF (et les écrits de Christine Delphy qui en est l’une des fondatrices) a nourri notre réflexion et nous a apporté un appui théorique et politique précieux quand il s’est agi d’adopter des positions minoritaires au sein du mouvement féministe et donc au sein même du Planning Familial (exemple de la loi sur le voile). J’irais même jusqu’à dire qu’on est beaucoup, toutes générations confondues, à faire partie du fan-club de Christine Delphy : la qualité de son argumentation, qui s’accompagne d’une ironie froide et délicieuse nous fait du bien !

Dans ce numéro de NQF, la thématique principale est l’amitié. Et, cette fois encore, les différentes contributions proposées nous aident à combattre les idées reçues. Qu’il s’agisse d’une enquête par entretiens auprès d’hommes et de femmes sur le thème de l’amitié, d’une analyse du roman québécois au XIXème siècle, ou d’une relecture des écrits féministes des XIX et XXèmes siècles, les auteures nous invitent à changer notre regard sur l’amitié :
     - Ça commence par la déconstruction des stéréotypes de genre qui s’appliquent aux relations d’amitié (en gros, les hommes seraient plus dans le « faire ensemble », les femmes dans la confidence et le partage de l’intime). A l’épreuve des faits, on observe de grandes variations  individuelles, qu’il est intéressant de croiser avec la classe sociale des individu-e-s.

     -   La revue montre aussi le rôle important des relations amicales dans le mouvement féministe à différents moments de son histoire : partage d’idées et d’actions de lutte, renforcement de l’estime de soi, développement des valeurs de solidarité et d’autonomie.

      -    Au total, c’est l’hétéronormativité des sciences sociales et de la psychologie, qui est dénoncée : en mettant le couple et la famille au centre des études (et du lien social), on a longtemps laissé dans l’ombre l’importance du lien d’amitié dans la construction de soi. La diversification des modèles (par exemple la relativité du couple opposée à la continuité des liens d’amitié dans les milieux gays et lesbiens) est une piste pour penser autrement nos relations sociales.
La revue se termine par des critiques des livres, et une interview d’une militante féministe et anti-nationaliste d’ex-Yougoslavie.
     Nouvelles Questions Féministes
     « Amies », Volume 30, Numéro 2, 2011

Au cas où cet article parvienne à susciter la curiosité pour cette revue (ou l’envie d’y revenir), on peut trouver tous les numéros ou presque au centre de documentation du Planning à Villeurbanne, ainsi qu'au Point G (bibliothèque de la Part-Dieu).  

(Dessin extrait de "Locas" la fabuleuse BD de Jaime Hernandez.)
                                   

                 Antoinette FonK


                                                                                       










Festival Écrans mixtes, deuxième!

Hey Hey Ho!
 
Non, raté, c'est plus Noël, et heureusement! C'est bientôt le printemps, et c'est cool, parce que ça veut dire que c'est le retour du festival Écrans Mixtes... 


Pour ceux/celles qui auraient un train de retard (comme moi...) :

Ecrans mixtes, kesaco?
Alors, c'est une association de passionné-e-s de cinéma qui, devant la constatation de comme qui dirait un certain manque, se sont dits qu'il serait pas mal de « proposer au public lyonnais des films traitant de la question de la diversité identitaire et sexuelle ».

Et le Festival Écrans mixtes?
Et bien c'est un festival lyonnais de cinéma à la thématique Gay, Lesbienne, Bi et Trans qui se définit comme « festival de patrimoine cinématographique portant sur la mémoire homosexuelle proposant une réflexion sur l’histoire de l’homosexualité et l’histoire du cinéma ».
La première édition, en mars 2011, s'intéressait au New Queer Cinema, nouvelle vague du cinéma queer indépendant américain née à l’aube des années 90.

Et cette année?
Cette année, c'est Rebelle/Rebel!
Du jeudi 8 au mardi 13 mars 2012, nous aurons le droit à une rétrospective John Waters, à une carte blanche à la réalisatrice Céline Sciamma (Naissance des Pieuvres, Tomboy) pour l'ouverture du festival, à des projections de classiques, de docus, à Bye Bye Blondie en avant-première avec Virginie Despentes et aux Nuits Fauves en clôture.
En plus il y a des expos (avec un premier vernissage dès aujourd'hui) , des rencontres au Lavoir public du 1er arrondissement, et une soirée officielle au Sonic...

Pour télécharger la grille de programmation et voir tous les films et tous les lieux de projection : www.festival-em.org
Le blog d'écrans mixtes : http://www.ecrans-mixtes-leblog.blogspot.com/

Un festival qui promet une période riche en rencontres et en découvertes, non?

The BFF (The Big Friendly Feminist)

mardi 14 février 2012

Saint Valentin, ça craint !






Marre des pubs consternantes autour de la St Valentin !
Marre des cœurs en guimauve, en pâtisserie, en boîte de chocolats, bref en n’importe quoi du moment que ça se vend !
Marre des messages sexistes de circonstances « Offrez-lui une fleur… (ça compensera le travail domestique gratuit qu’elle fait pour vous tous les jours) », « Mettez une nuisette sexy (car c’est bien connu, c’est la femme qui "s’offre" et on peut toujours améliorer le paquet cadeau) » !
Marre du mythe du grand amour, du prince charmant, où à tout le moins d’une relation stable sans laquelle une femme ne saurait être comblée (case procréation obligatoire si on veut l'option "femme complète ") !

… Alors par pur esprit de contradiction, Super Féministe a décidé de partager avec vous  cette magnifique illustration, tirée du calendrier Black Screen 2011 (détail d’une sérigraphie signée « le vent du sud »).
                                                                                              Antoinette FonK

lundi 13 février 2012

Une gerbe pour Guéant

Alors voilà, oui je voudrais gueuler très très fort, parce que j'en ai ras-le-cul. Ras-le-cul de cette utilisation qui est devenue systématique du féminisme – enfin, tout au moins sous la forme édulcorée de « l'égalité hommes-femmes » - pour justifier des discours racistes et en particulier islamophobes.

C'est subtil certes, enfin c'est surtout putain d'hypocrite. L'Ennemi Intérieur (parce qu'on a toujours besoin d'un ennemi intérieur, hein, ça terrorise, et ça détourne l'attention des vrais problèmes et puis bon, en plus ça divise alors, pourquoi s'en priver?), donc l'Ennemi Intérieur aujourd'hui c'est le vilain méchant pas beau Arabo-musulman. Et tous les moyens sont bons pour montrer combien il est méchant. Incompatible. Et notamment un des moyens préférés depuis la fin des années 1990, je dirais à la louche (en gros depuis les débats sur le voile à l'école), ben c'est l'égalité hommes-femmes. Pourquoi? Parce que ça embrouille tout, parce que ça fait des nœuds dans les cerveaux. Ben oui, ben non, je peux pas être contre l'égalité hommes-femmes, et pis c'est un thème progressiste, c'est de gauche ça, alors le Mr., s'il le défend, y peut pas être raciste, y peut pas être réactionnaire, etc...
Il faut interdire le voile à l'école. Pour évacuer les débats économiques et sociaux? Pour stigmatiser une partie de la population? Nannn, parce que c'est ça la laïcité et... pour sauver les petites filles!
Il faut faire la guerre en Afghanistan. Pour l 'hégémonie régionale? Nannn, contre le terrorisme et... pour sauver les femmes de la burka, of course! 

Bref tous ces faux arguments ont ce que j'appellerais un double effet Kiss vraiment pas Cool :
1. des féministes qui se disent antiracistes mais qui ne savent manifestement plus ou elles crèchent et se mettent insidieusement à porter des discours islamophobes
2. le message implicite comme quoi en France et même en « Occident » (qu'est-ce que c'est ça l'occident, à l'ouest par rapport à qui?), ben « Ah y essssssst! » c'est bon, c'est l'égalité hommes/femmes, youpi tralala, plus rien à gagner, plus à se battre, à peine quelques petites babioles à ajuster un peu, si vraiment on veut être perfectionniste...
En fait, il y en a encore plein d'autres des effets et répercussions vraiment pas cool, et une dernière que je voudrais souligner c'est cette espèce d'équivalence, hypocrite, pourrie, et fausse entre « monde musulman » et antiféminisme. Parce qu'elle est particulièrement dangereuse à mon sens. Pour les musulman-e-s et pour les autres. Non, être musulman-e – ou de culture musulmane -, ce n'est pas forcément être antiféministe, pas plus qu'être chrétien-ne n'impliquerait d'être féministe (ahahahahaha, la bonne blague... humhum, excusez-moi). Comme si l'oppression des femmes était plus dans les fondements, dans « l'essence » de la culture musulmane que dans celle de la culture judéo-chrétienne, et non des résultantes de conditions socio-économiques et historiques, d'évolutions, et de choix au sein d'une société. Et de luttes des populations opprimées. 

A ce propos, qui a une photo du Guéant acharné défenseur des droits des femmes dans une des manifestations du mlf des années 70? Comment ça personne? Mais suis-je bête, c'est pô grave, j'pourrai lui demander en personne à notre prochaine manif' je suppose... 

The BFF (The Big Feminist Fist)

samedi 11 février 2012

Cerises et grenades

Alors, encore un petit spectacle qui nous semble prometteur... à vous de voir!


Les 16, 17 et 18 février prochain à 20h salle Genton (dans la MJC du 8eme arrdt 21 rue Genton metro Mermoz Pinel)Réservation conseillée auprès de Chloé Richard au 06 82 09 26 94
Prix: 6€ / 8€.

mardi 7 février 2012

Transphobie hospitalière

Communiqué de presse - Act Up-Paris - jeudi 19 janvier 2012

VIOL SUR VIOL À LARIBOISIÈRE
Nous sommes à l'hôpital Lariboisière, dans la nuit du 9 au 10 janvier. Floriane [1] vient d'arriver aux urgences. Elle a le visage tuméfié, la bouche qui saigne. Elle vient de subir un grave traumatisme : agression, séquestration, viol collectif en réunion et sans préservatif qui s'est conclu par des violences physiques, pertes de connaissance etc. Elle a cru mourir, puis elle a prit sur soi de se trainer à l'hôpital. Elle voudrait des soins d'urgence, des tests de dépistage et des radios à la tête : elle craint une fracture.

Floriane vit en femme depuis plus de quinze ans ; elle en a toute l'apparence. Elle tend sa carte vitale. A partir du moment où à l'accueil des urgences on a vu le « 1 » qui y figure, Floriane ne sera appelée que « monsieur » par le personnel soignant, devant tous les usagers qui attendent eux aussi. Et quand elle demandera d'être appelée au féminin la réponse sera : « pourquoi vous ne faites pas changer vos papiers d'identité ?»

Au bout de quatre heures elle est reçue par un médecin, qui lui aussi l'appelle « monsieur ». Ce n'est qu'après que Floriane lui ait dit « c'est un deuxième viol que je suis en train de subir ici » que le médecin commence à lui parler dans son genre actuel.

Depuis combien de temps, demandons-nous aux gouvernements de changer à la demande le « 1 » et le « 2 » des cartes vitales, pour avoir un meilleur accueil dans les hôpitauxŠ et des rapports plus faciles avec nos employeurs potentiels ? Et depuis vingt ans les ministères de la santé, de la justice et des finances se renvoient la balle puisqu'ils ne veulent pas changer nos identités sans stérilisation.

Pour eux cela relèverait de l'administratif pur. Pas question pour eux d'imaginer qu'il puisse y avoir un enjeu humain dans ces demandes. Même une brochure pour l'accueil des personnes trans, intersexes ou ambiguës semblent impossible, ou une petite formation sur ce thème.

Voici le résultat. Floriane a vécu un enfer et à cause du « 1 » de sa carte vitale, en arrivant à l'hôpital, on lui en a fait vivre un autre.
Act Up-Paris exige :
- des excuses du personnel de l'hôpital Lariboisière
- le changement du numéro de sécurité sociale à la demande,
- une formation du personnel des hôpitaux à l'accueil des personnes trans et intersexes,
- que Xavier Bertrand rende public le rapport de l'IGAS qu'il a commandé sur les trans',
- que le Défenseur des Droits se saisisse pleinement de ces discriminations,
- que François Baroin réponde à la question écrite à ce sujet par Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne, et publiée au journal officiel le 12 juillet 2011 [2]
- l'observation des recommandations de Thomas Hammarsberg commisaire aux droits Humain du Conseil de l'Europe quant aux personnes trans [3]

vendredi 3 février 2012

Femmes en Révolution, l'action du 28 janvier




Le 28 janvier dernier à Lyon, pour fêter l’anniversaire des révolutions arabes de 2011, le collectif « Femmes en révolutions » a appelé à un rassemblement sur l’Esplanade en haut de la montée de la Grande Côte. La place a été rebaptisée "Place des Femmes en Révolution" et, après une prise de parole, des ballons portant des messages de solidarité et de lutte pour les droits des femmes ont été lâchés dans un beau ciel d'hiver.
En solidarité avec les femmes qui se battent place Tahir et ailleurs... et aussi pour dire que, ici comme partout, il faut se bouger pour défendre les droits des femmes.