vendredi 6 juillet 2012

A J+14, un p'tit compte rendu de la LGBT Pride...

Souvenez-vous samedi dernier, une température de 30°C, de la musique d'un goût douteux pas toujours agréable à l'oreille, des cheveux courts, des cheveux longs, des crêtes, des piercings, des gen-te-s torse-nus, de la mousse, des flyers publicitaires... Eh oui, samedi dernier c'était la marche des fiertés à Lyon!
 
"Pas besoin de char pour lutter contre les connards"
 Superféministe, ses supers capes, ses supers amies du Planning 69 étaient bien présent-e-s avec une banderole "LGBT Partout, Visibilité nulle part, ouvrons nos placards". Nous avions aussi des pancartes pour visibiliser des pratiques bien trop souvent ignorées par les média et par notre culture française hétérocentrée, du type "La pénétration n'est pas une obligation", "Meufs Gouines Trans' libres de nos existences", "Sexe anal, acte égal", "ce samedi je suis fière, les autres jours en colère" et autres joyeusetés. Notre caddy fut très remarqué, avec ses gants en latex, ses préservatifs, ses "Tombez la culotte" et autres brochures de santé sexuelle à destination des femmes, des bisexuelles, des lesbiennes... 

Il faut bien reconnaître, modestement, car Super Féministe est l'humilité incarnée, que nos pancartes ont eu un très grand succès. On me souffle même que plusieurs butchs se sont faites prendre en photo devant, pouces en l'air et sourires brillants. Plus généralement, les organisatrices et organisateurs ont comptabilisé 17 000 participant-e-s, soit une légère augmentation par rapport à l'année dernière, autour du slogan "Santé, égalité des droits, droits des Trans' : l'égalité n'attend plus". Bien sûr, on regrette un peu qu'une manifestation politique soit autant la cible de publicitaires avides du public nombreux. Bien sûr, on trouve un peu dommage que le plus gros char ait été recouvert d'une banderole proclamant le courageux message "radio scoop". Bien sûr, on était un peu triste de voir quelques jeunes garçons très alcoolisés faire des blagues homophobes en plein milieu du cortège. Bien sûr, on trouve un peu hypocrite qu'une brochette d'élu-e-s de notre Républiqueuh, toutes et tous très officiellement marié-e-s et hétérosexuel-le-s, ouvrent le cortège...et disparaissent au premier virage ! Les marches des fiertés sont bien sûr aussi l'occasion pour les "allié-e-s" de manifester leur solidarité, mais on aurait peut-être aimé un peu moins de symbole et un peu plus de concret, car les enjeux de cette marche sont, eux, bien réels. D'autres chantiers sont à investir en dehors du mariage et de l'adoption ; l'homophobie (gayphobie, lesbophobie, biphobie) et la transphobie ne sont pas marginales mais bien un mode de fonctionnement du système social (pour preuve, les dizaines de curieux et curieuses prenant des photos de nous autres freaks lors de ce 23 juin), en matière de lutte pour de nouveaux droits : la liberté pour les trans de choisir leur genre sans procédure humiliante et pathologisante ; en matière de santé sexuelle aussi : le VIH/SIDA progresse de manière alarmante, les lesbiennes et bisexuelles continuent d'être ignorées des politiques de santé (et de la formation de la plupart des gynécologues). 

Alors non Gérard, faire coucou depuis la terrasse d'un café n'est pas suffisant. Et, sur la question de la santé sexuelle des femmes, et de toutes les femmes, la municipalité de Lyon ne s'illustre pas par son activisme, bien au contraire : la politique de répression croissante des personnes prostituées, régulièrement dénoncée par Cabiria entre autres, combinée à la récente annonce de pénalisation des clients par Mme Vallaud-Belkacem ne nous laissent pas entrevoir des jours meilleurs pour l'accès aux soins...