lundi 26 décembre 2011

Lendemains de fête tragiques




Y sont pas mignons, les femmes et les hommes de demain ?
Ces quelques photos sont extraites du travail de l’artiste coréenne JeongMee Yoon : the Pink&Blue Project. En mettant en scène des petits garçons et des petites filles au milieu de leurs jouets et accessoires, elle montre par l’absurde et en frappant l’imaginaire le caractère sexué de ce qu’on donne aux enfants.  Comment, en voyant ces accumulations d’objets, ne pas y voir le message éducatif plus ou moins conscient par lequel on fait rentrer chacun-e dans le rang de son genre ? 
                Antoinette FonK

Et aussi : Collectif, Contre les jouets sexistes, Editions L'Echappée, 2007

vendredi 23 décembre 2011

Rencontres féministes combattantes

 

Comme c'est pas hyper lisible : inscriptions avant le 12 janvier : celinakouz@free.fr

dimanche 18 décembre 2011

Position du Planning confédéral sur la prostitution

Le Planning Familial agit et lutte pour participer à la construction d’une société égalitaire, sans marchandisation et sans violence. Cet objectif ne doit pas nous conduire à agir, ici et maintenant, en aggravant la situation des personnes en situation de prostitution du fait du système prostituteur. Le Planning estime indispensable de prendre en compte la réalité du terrain et de définir une stratégie dans l’intérêt des personnes prostituées.

Déclaration

Le Planning, mouvement féministe, s’appuyant sur son analyse des rapports sociaux de sexe, replace la prostitution dans un continuum de la domination masculine et refuse de faire des personnes prostituées des personnes « à part ». 
Si la prostitution a changé dans ses modalités avec l’arrivée d’un nombre important de femmes étrangères dans la prostitution de rue, comme avec l’usage généralisé d’internet, son développement est largement lié aux inégalités économiques croissantes et au renforcement de la marchandisation de nos sociétés.
Dans ce contexte international de précarisation, de mondialisation et d’aggravation des inégalités Nord-Sud, nous constatons le développement de réseaux internationaux organisés d’esclavagisme qui exploitent la misère et les situations de vulnérabilité des personnes prostituées. Les effets des politiques successives pour enrayer les systèmes d’exploitations sexuelles ne protègent pas les victimes et il existe  très peu de condamnations de proxénète. Les personnes prostituées sont  incitées à dénoncer mais ne bénéficient pas des protections et des droits promis en échange : elles deviennent ainsi encore plus exposées.
Les politiques publiques actuelles et celles qui nous sont proposées, ont pour conséquence de renforcer la pénalisation des personnes prostituées sans mettre en cause les profits des réseaux de proxénètes.
Pour exemple, dans le rapport de l'Assemblée Nationale, les lois de sécurité intérieure (LSI) sont toujours en vigueur. Elles prennent un tour d’autant plus violemment répressif que les femmes étrangères en situation irrégulière sont très représentées dans la prostitution de rue et très malmenées dans le contexte de mobilisation contre les droits des étrangers. Elles rendent moins visible l’activité sans changer la donne : pas de protection pour les personnes prostituées, des moyens en diminution pour les associations qui les accompagnent.
Les lois qui condamnent le rapport sexuel tarifé pénalisent les personnes prostituées en priorité. Une loi doit être conçue de façon à ne pas avoir des effets contraires à ses objectifs. C’est pourquoi Le Planning pense que pénaliser le client ne résoudra aucun des problèmes actuels mais risque au contraire de les aggraver en pénalisant d’abord les personnes en situation de prostitution, en renvoyant les femmes dans les zones frontalières, aggravant leur clandestinité.
Le Planning Familial se mobilise sur les conditions de la prostitution qui s’inscrit dans son combat contre les violences, et contre l'exploitation dans toutes ses dimensions. Le refus de la criminalisation n’est pas contradictoire avec ce combat contre les violences de genre ou les violences économiques.
L’expérience du Planning Familial auprès des femmes et son expertise dans la lutte contre les violences et pour la santé sexuelle lui permet d’intervenir sur ces questions dans une approche globale et avec les personnes en situation de prostitution.
C’est pourquoi Le PlanningFamilial oriente son action sur 3 axes s’appuyant sur les principes fondamentaux qui guident toute action dans le mouvement : éducation populaire, solidarité avec les femmes, souci du respect de la parole de l’autre :
  • Renforcer le travail sur les rapports de domination et les inégalités femmes/hommes
  • Développer l’éducation sexualisée
  • Prendre en compte la parole des personnes en situation de prostitution

Le Planning Familial s’engage à :

  • Dénoncer les conditions d’injustice économique croissante, et spécifiquement les écarts entre riches et pauvres, nord et sud,  qui ont un impact désastreux sur les conditions de vie des  femmes, toujours en première ligne, la prostitution étant un des aspects de cette injustice économique.
  • Exiger une réelle politique de démantèlement des réseaux maffieux là où ils sont identifiés.
  • Dénoncer les effets pervers de politiques répressives et demander l’abrogation de la loi LSI (art225-10-1)
  • Refuser la pénalisation des personnes en situation de prostitution et la criminalisation de l’activité et des clients.
  • Refuser la discrimination envers les personnes prostituées quant à l’application des lois en matière de violences sexuelles, d’agression, de voies de fait et harcèlement.
  • Revendiquer pour les personnes en situation de prostitution, l’accès aux droits sociaux qui devraient être communs à toutes et tous
  • Lutter pour que l'Etat mette en place une aide réelle pour celles qui veulent sortir du système prostitutionnel 
  • Proposer des recherches actions avec des associations de terrain sur les questions des violences et de la santé sexuelle pour améliorer nos connaissances et nos interventions tant sur le terrain qu'au niveau politique

    Texte adopté par la Conseil d'Administration confédéral du 23 septembre 2011 

    Sur le même sujet, voir aussi le post "Incitation au remue-méninges actif!"
    et "Contre les violences faites aux prostituées et travailleuses du sexe"

Avec Cabiria contre les violences faites aux prostituées et travailleuses du sexe

Texte de l'association Cabiria : 

Autour du 17 décembre,
Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe,
Cabiria lance une campagne d’interpellation en direction des député-e-s.

http://www.cabiria.asso.fr/contre-les-violences
Le 17 décembre est la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe. À cette date, les prostituées et les travailleuses du sexe se rassemblent, à Lyon ou ailleurs, soutenues par Cabiria ou d’autres associations, pour dénoncer les violences qui leurs sont faites et perpétuer la mémoire de celles qui ont été assassinées au travail.

Face aux violences vécues par les prostituées et les travailleuses du sexe, face à la dégradation de leurs conditions de vie et de leurs conditions d’activité, l’État ne propose que la répression. Depuis 2003, le racolage est pénalisé, et, à présent, la pénalisation des clients des prostituées et des travailleuses du sexe est à l’ordre du jour.

Ce 17 décembre 2011, à Paris, les travailleuses du sexe et les prostituées se retrouvent Place Pigalle à 14h pour manifester leur opposition à cette proposition de loi.

Le 16 décembre 2011, à Lyon, l’association Cabiria réunit une conférence de presse :
 -      pour exposer pourquoi la pénalisation des clients des prostituées et des travailleuses du sexe ne pourra pas améliorer les conditions de vie et d’activité de celles-ci.
 -      pour lancer une campagne nationale d’interpellation des député-e-s, afin qu’ils/elles écoutent, entendent et se positionnent contre les mesures répressives.


voir aussi : Incitation au remue-méninge actif et Position du Planning confédéral sur la prostitution

Incitation au remue-méninge actif!

Voici un texte d'une membre du Planning69 qui réagit à un contexte particulier de débats sur la prostitution tant au niveau parlementaire (projet de loi pour la pénalisation des clients) que parmi les féministes, et jusqu'à l'intérieur même d'associations comme le Planning Familial (voir le dernier texte de prise de position confédéral sur la question en septembre dernier)
Il présente et représente donc une position personnelle sur le sujet, mais s'il est un peu long, c'est qu'il ne se contente pas de poser des affirmations, il tâche de nous faire comprendre par des arguments le pourquoi du comment de celles-ci.
Alors, si toi aussi tu n'as pas envie de te retrouver tel le petit lapin blanc au milieu du champ de bataille lors des prochains débats sur la question, si toi aussi tu préfères utiliser tes neurones pour réfléchir plutôt que de te ranger du côté de celui/celle qui gueule le plus fort (quelLE qu'il/elle soit), ce texte est à inclure dans la longue liste de tes lectures sur le sujet!


"Pour Alexia et mes copines prostituées

Lors de la marche contre les violences faites aux femmes à Paris le 5 novembre 2011, le cortège des féministes et lesbiennes du centre LGBT (lesbiennes, gais, bi, trans) ont viré le syndicat des travailleuses et travailleurs du sexe. Ces dernières-ers portaient des slogans expliquant qu’une loi sur la pénalisation du client serait une violence faite aux travailleuses du sexe et donc aux femmes. Peu avant, la Coordination Lesbienne de France relayait l’appel des lesbiennes féministes marseillaises pour abolir la prostitution. Quel intérêt les lesbiennes et les féministes ont-elles à revendiquer l’abolition de la prostitution et une loi pour pénaliser les clients des prostituées ? Et quel impact cela a-t-il ?
Quel est le but féministe ? L’émancipation des femmes. Quel est le but de la prostitution ? Obtenir des ressources. Nous vivons dans un monde globalement patriarcal et capitaliste. La prostitution n’échappant pas aux règles sociétales, elle représente une activité capitaliste et patriarcale. Les personnes qui luttent contre le capitalisme et le patriarcat, et celles qui luttent pour l’émancipation des femmes, se retrouvent « logiquement » à lutter pour l’abolition la prostitution, comme on lutte pour l’abolition du patriarcat ou du capitalisme ! Sauf que… la prostitution, ce n’est pas une idéologie, c’est une activité d’exploitation ou d’auto-exploitation qui permet d’obtenir une autonomie financière.
Alors est-ce qu’on peut lutter contre une activité d’exploitation capitaliste et patriarcale qui permet d’obtenir de l’argent ? Lutter contre le secrétariat ! Lutter contre la couture ! Lutter contre le ménage ! Lutter contre l’aide à la personne ! Heureusement les personnes qui luttent contre le capitalisme et le patriarcat luttent dans les syndicats avec les personnes qui sont exploitées dans ces travaux, pour l’amélioration de leurs conditions de travail, et pas pour l’abolition de tous ces travaux.
Alors pourquoi la prostitution fait-elle exception ? Pourquoi les personnes qui luttent contre le capitalisme et le patriarcat, et celles qui luttent pour l’émancipation des femmes, ne luttent pas avec les prostituées pour améliorer leurs conditions d’exploitation, pour acquérir des droits qui protègent ? Pourquoi les prostituées sont-elles seules quand il faut lutter pour leurs droits au travail ? Qu’est ce qui leur vaut un régime d’exception ? Qu’est ce qui permet de considérer la prostitution comme une idéologie de l’exploitation patriarcale et capitaliste contre laquelle il faudrait lutter en soi, et s’abstenir surtout de lutter avec les personnes qui exercent cette activité ?

La sacralisation du sexe des femmes… La sacralisation du rapport pénis/vagin…

Et ça, je vous le donne en mille… C’est une idéologie … patriarcale !
Vous savez toutes ces personnes qui réfléchissent sur la particularité du sexe des femmes : c’est incroyable, c’est la naissance du monde, c’est mystérieux, c’est secret, c’est un truc que les hommes auront jamais qui expliquent qu’ils veulent toujours dominer les femmes parce qu’ils sont frustrés de pas pouvoir enfanter, alors ils veulent contrôler, bref c’est l’Alpha et l’Omega des rapports hommes/femmes,
et surtout faut le protéger ! Comment ? Faut être gentil avec le sexe des femmes, pas toucher ! Ben oui mais on ne peut pas tout simplement utiliser, comme proposait Despentes, un système coupe-zob dans la culotte des filles qui sectionnerait tout pénis qui s’approcherait sans autorisation (d’ailleurs les prostituées m’ont appris une technique secrète super qui donne le même effet). Non, il faut qu’elles soient protégées ! Donc faut qu’elles sentent une menace sur leur sexe. Faut qu’elles s’associent à un homme qui les protège, et qui empêche surtout les autres hommes d’approcher et de souiller la lignée. A là c’est du lourd, on remonte loin dans la nuit des temps. Alors celles qui veulent pas que les hommes les protègent, celles qui veulent pas s’associer à un homme, ben elles sont pas bonnes ! C’est plus vraiment des femmes ! Des vieilles filles… Ou alors des mauvaises femmes ! T’es qu’une pute ! T’es qu’une gouine ! T’es qu’une salope ! Et elles apprennent vite… pas baiser avec d’autres meufs, pas baiser avec qui t’as envie, pas baiser pour se faire du fric ! Mais Baiser quand même, juste avec le gars avec qui t’auras des gosses ! Tu parles d’une émancipation la sacralisation du sexe des femmes !
La sacralisation du sexe des femmes prend aussi une appellation édulcorée de connotation religieuse et enrichie en politiquement correct alternatif anticapitaliste : la marchandisation du corps. Cette idée prétend dénoncer les moyens d’exercer un service sexuel : l’utilisation de son corps contre rétribution. Alors dans la famille « marchandisation du corps », je voudrai aussi l’abolition de la menuiserie où on risque ses doigts, l’abolition de la boxe où on risque ses neurones, l’abolition de la viticulture où on risque son foie, l’abolition des mille et un métiers qui peuvent entrainer des maladies professionnelles.

L’aliénation
La deuxième idée qui permet de penser que la prostitution est une activité d’exploitation exceptionnelle, c’est l’idée que les personnes qui l’exercent sont aliénées. On sait ce qui est bon pour vous madame ! Avec cette idée, plus besoin de prêter attention aux revendications des personnes concernées, puisque, les pauvres folles, elles ne savent pas ce qu’elles disent. Et là je vous le redonne en mille mais…. c’est un grand principe de domination. Qui mieux que moi qui suis bien intentionné à ton égard, sait qu’il ne faut pas que tu votes ma chère femme ! Qui mieux que moi qui veux t’émanciper, sait comment il faut te guider mon cher peuple ! Qui mieux que moi qui t’aime et ne veut que ton bien, sait que tu as envie de faire l’amour avec moi même si tu dis non ! Faudrait pas trop se voiler la face quand même… l’idée de l’aliénation des personnes, elles a ses limites, sinon plus personne n’est responsable de rien.
L’aliénation des personnes prend aussi une appellation édulcorée de son contenu marxiste (y en a pour tous les gouts) et enrichi en individualisme cette fois : l’absence de choix. Ecoutez ce scoop : les prostituées, comme la plupart des personnes en situation de pauvreté, n’auraient pas le choix. Et oui, je gagne 800 euros par mois, je ne peux pas me payer de mutuelle, je n’ai pas le choix. Je vis à Antananarivo, je tire des pousse-pousse en slip jour et nuit pour manger, je n’ai pas le choix. Je ne voulais pas être muté à Dunkerque, alors on s’est marié pour avoir plus de points, je n’ai pas eu le choix. Je me tape 1h30 de transports en commun tous les matins pour payer mon loyer et nourrir mon gamin, je n’ai pas le choix. Il n’y a que les gens riches, qui peuvent tout mettre dans leur valise, qui peuvent choisir, qui pensent que les vrais choix existent. La pauvreté c’est la perte de contrôle sur ses conditions de vie. Alors l’entrée dans la prostitution par la pauvreté, c’est un peu comme l’entrée dans le nettoyage
des centrales nucléaires par la pauvreté. Est-ce qu’il faut supprimer pour autant le droit du travail qui protège les nettoyeurs et nettoyeuses de centrale nucléaire en attendant d’abolir la pauvreté ?

Alors la question principale c’est quelles lois s’exercent actuellement sur une personne qui dispense des services sexuels tarifés, exploitée consentante ou exploitée non consentante ou auto-exploitée ?
Comment la loi définit-elle la prostitution ?
« La prostitution consiste à se prêter moyennant une rémunération à des contacts physiques de quelque nature qu’ils soient afin de satisfaire les besoins sexuels d’autrui » (cour de cassation en 1996).
Pas de notion de travail dans cette définition. Donc pas de protection en cas de violence des clients, ou de la police, pas de cotisation pour la retraite.
La loi permet-elle qu’un oncle exploite sexuellement sa nièce dans un réseau ? Non :
- Lois contre la traite des êtres humains (1) :
« Le délit de traite est puni de 10 ans d’emprisonnement et de 1 500 000 € lorsqu’il est commis : sur une personne mineure, sur une personne vulnérable, contre plusieurs personnes, en dehors du territoire français ou au moment de son arrivée sur le territoire, par l’intermédiaire d’un réseau de télécommunication, lorsqu’il y a un risque de mort, de mutilation ou d’infirmité, lorsqu’il y a eu recours à des menaces, à l’usage de la force ou de la contrainte, à l’égard de la personne ou de sa famille, par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime, par un membre des forces de l’ordre ou luttant contre la traite des êtres humains. L’infraction de traite devient un crime, lorsqu’elle est commise : en bande organisée, en recourant à des actes de torture ou de barbarie ». (2)

La loi permet-elle qu’une maquerelle exploite une prostituée dans un club ? Non :
- Loi sur le proxénétisme d’exploitation et de soutien (3) :
Les articles n° 225-9 et 225-10 du code pénal sanctionnent le proxénétisme simple (dit de soutien):
- « c’est un délit : Le fait d’aider, assister, protéger, tirer profit, partager les revenus de la prostitution, recevoir de subsides, embaucher, entraîner, détourner, exercer des pressions pour contraindre ou maintenir la prostitution d’un tiers est passible au maximum de 5 ans de prison et de 15 245 euros d’amende. Sont associés à la condamnation la perte des droits civiques, civils, familiaux ». (4)
Cela criminalise tout l’entourage d’une personne prostituée, et la précarise dans sa recherche de logement par exemple.
Les articles n° 225-7 et 225-7-1 du code pénal sanctionnent le proxénétisme aggravé (dit d’exploitation):
« C’est un crime lorsqu’il est exercé par : un groupe, quelqu’un ayant un ascendant légitime ou ayant autorité, personne dont la fonction est : lutte contre le proxénétisme, protection de la santé, ordre public, porteur d’arme, personnes morales, utilisation d’Internet ou du minitel, proxénétisme hôtelier, contrainte, violence. Il l’est également lorsqu’il est exercé sur : personnes vulnérables, plusieurs personnes. Il est prévu une peine de 10 ans de prison et 1 500 000 euros ». (5)

La loi permet-elle à une prostituée de s’auto-exploiter en cherchant des clients sur la voie publique ou sur internet ? Non
- Loi sur le racolage passif (6) qui autorise les forces de l’ordre à interpeller et verbaliser des femmes qu’ils soupçonnent de racoler.
« Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération est puni de 2 mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. Le délit de racolage est ainsi élargi et intègre désormais le racolage passif et aggrave cette infraction en la transformant en délit. Auparavant, le racolage actif était poursuivi au titre des contraventions de 5e classe (article R. 625-8 du Code pénal)». (7)
Tout le monde est d’accord pour dire que cette loi aggrave les conditions de vie des prostituées, et porte atteinte aux libertés individuelles.

Les féministes, mes soeurs, sont maintenant devenues les gardiennes de la bien-pensance sur la prostitution. Elles essaient de faire disparaitre la prostitution par l’application d’une loi pénalisant le client devenu « prostitueur », comme en Suède. Elles affichent l’ambition de faire diminuer la demande de service sexuel, de tuer le commerce quoi. Elles oublient qu’il s’agit d’une voie d’autonomisation financière pour certaines femmes qui n’y renonceront certainement pas et trouveront toujours des endroits sombres et éloignés pour exercer. Sinon comment vivre ? Les féministes oublient d’écouter leurs soeurs pour lesquelles elles pensent se battre. Pas les prostituées qui souffrent atrocement d’être exploitées sous contrainte et qui souhaitent en finir. Celles-là sont protégées par le droit pour peu qu’elles en croisent le chemin. Il s’agit plutôt de celles qui vivent de la tarification de leurs services sexuels et qui continuent envers et contre tout. Que demandent-elles ? Que la Loi contre le proxénétisme de soutien soit supprimée, que la Loi contre le racolage passif soit supprimée, qu’une loi permettant l’auto-exploitation protégée par le droit du travail soit adoptée en prenant en compte leur expérience du parcours. Et surtout que la loi pénalisant le client ne soit pas votée. Mais le silence assourdissant des féministes sur ces revendications et leur soutien pour l’élaboration d’une loi pénalisant le client empêche tout politique de s’aventurer à proposer l’élaboration d’un droit du travail pour protéger les personnes qui sont exploitées ou qui s’auto-exploitent en tarifant des services sexuels. Si une seule respectable association féministe faisait entendre son soutien à ces revendications, il
deviendrait possible pour les législateurs, d’envisager des propositions prenant en compte la parole des prostituées, sans se saborder politiquement.

Tout ce qui est écrit ici, je le tiens soit de témoignages de prostituées/travailleuses du sexe, soit de travailleuses et travailleurs en santé communautaire avec les prostituées, soit de lectures. Il me semble qu’une bonne partie des tenants et aboutissants sont posés. A vous de vous positionner maintenant.

(1) Articles 52 à 55 de la Constitution ; décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ; décret n° 74-360 du 3 mai 1974 portant publication de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950, et protocoles additionnels loi n° 2007-1162 du 1er août 2007 autorisant la ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains ; décret n° 2008-1118 du 31 octobre 2008 portant publication de la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, adoptée le 16 mai 2005 à Varsovie, signée par la France le 22 mai 2006 à Strasbourg.
(2) http://www.acse-alc.org/documentation_la_traite_dans_le_droit_francais.html#defteh
(3) Loi dite Marthe Richard de 1946, Loi n°60-773 du 30 juillet 1960, Autorisant à prendre, par application de lʼarticle 38 de la Constitution, les mesures nécessaires pour lutter contre certains fléaux sociaux - J.O. 2 août, Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 art. 50 1º Journal Officiel du 19 mars 2003, articles 225-5, 225-6, 225-7.
(4) http://www.acse-alc.org/documentation_la_traite_dans_le_droit_francais.html#defteh
(5) http://www.acse-alc.org/documentation_la_traite_dans_le_droit_francais.html#defteh
(6) Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure, article 225-10-1
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_pour_la_s%C3%A9curit%C3%A9_int%C3%A9rieure_de_2003"

voir aussi le texte de l'association Cabiria

mardi 13 décembre 2011

Deux jours contre le sexisme

A l'initiative de la CGA (Coordination des groupes Anarchistes), un film et un débat autour du genre et des luttes antisexistes :
-  l'occasion de voir (ou revoir) Tomboy, un film magnifique de Céline Sciamma, (c'est ce vendredi à 20H30)
- et d'échanger sur toutes ces questions (samedi 17/12 à 15H).
C'est à la librairie La Plume Noire, 8 rue Diderot dans le 1er arrondissement à Lyon.
Toute l'info (et les analyses) sur : http://rebellyon.info/Deux-jours-contre-le-sexisme-a-la.html



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samedi 10 décembre 2011

10 décembre 2011 : Superféministe arrive à Lyon !

Pour beaucoup, la libération
de la femme ça ressemble encore à ça :









Quoi qu’on en dise («la France est un modèle d’égalité homme/femme », « les femmes ont pris le pouvoir », « c’est merveilleux d’être complémentaires »…), beaucoup d’entre nous ne se contentent pas de l’état des choses (et des forces) existant, et pensent que le combat féministe est plus que jamais d’actualité. Pourtant, au-delà de quelques moments-phares (grosses manifestations, actions d’éclats…), le mouvement féministe souffre d’un manque de visibilité.
D’où l’idée d’un blog militant pour tout savoir sur l’actualité du mouvement féministe. Concocté avec rage et amour par des militant-e-s du Planning Familial 69, ce blog Super Féministe :
-          annoncera bien sûr les initiatives menées par le Planning Familial,
-          mais aussi servira de relais d’informations pour l’ensemble du mouvement féministe (entendu au sens large comme englobant aussi les luttes LGBTQI), sur le plan local comme national.
Rendez-vous en page RRRRagenda  pour repérer les actions prévues, les débats, les ateliers, les expos… tout ce qui exprime un point de vue féministe…
Plein de rubriques (voir la page « Qui sommes-nous ? » pour une présentation détaillée de chaque rubrique) permettront d’aborder le féminisme dans tous ses états :
Actu féministe et autres luttes
Féministotek
Féministosaure        
T’as tes règles ou quoi ?
Réduction des riXes
Trash ‘n’Fun
Dans sa forme, le blog mêlera communiqués de presse et interviews, extraits vidéos et créations graphiques, comptes-rendus de bouquins ou témoignages photo de nos actions… sur un ton que nous souhaitons à la fois sérieux mais pas comme un tract et drôle parce que l’humour subversif  est un trait majeur du féminisme.
N’hésitez pas à envoyer vos infos,  vos réactions, vos questions, vos créations… à la page contact. Nous ferons appel à des contributions (témoignage, analyse, dessin…) pour nourrir ce blog que nous voulons interactif.

Ce blog est aujourd’hui en construction : nous avons plein d’idées, plein d’envies, mais il faudra tenir la distance. Nous enrichirons petit à petit les rubriques, d’autres se créeront au fil du temps. C’est le début d’une aventure que nous espérons longue et pleine de surprises.

vendredi 9 décembre 2011

The ballad of Genesis and Lady Jaye ou la réinvention de soi-même



The ballad of Genesis and Lady Jaye est un film qui parle de l'amour intense de deux individuEs qui ne se conforment pas aux normes sexuelles et les transgressent dans leur quotidien et dans leur art.
Il est l'œuvre de l'artiste et cinéaste française Marie Losier qui a suivi ce couple hors du commun pendant sept ans et qui en fait une création à mi-chemin entre le documentaire et le film expérimental.

La réalisatrice suit donc le quotidien de 
ce couple, de cet amour, elle essaie de nous le faire sentir. 
Nous sommes embarquéEs dans l'histoire d'un couple composé de deux êtres extraordinaires, l'artiste Genesis Breyer P-Orridge et la performeuse Lady Jaye Breyer P'Orridge qui ont décidé par amour de se lancer dans une aventure extrême et audacieuse, se fondre en une seule entité pour devenir un "pandrogyne".
Genesis Breyer P-Orridge est un des artistes majeurs de l'avant-garde new-yorkaise et est considéréE comme l'un des pères de la musique industrielle (Throbbing Gristle, Psychic TV...) et avec sa femme et partenaire artistique Lady Jaye Breyer P'Orridge ilLEs décident de transgresser les limites de l'art et de la biologie et débutent en 2000 une série de chirurgies esthétiques afin de se ressembler trait pour trait l'unE à l'autre. C'est une histoire d'amour audacieuse, ilLEs poussent la dévotion de l'unE à l'autre jusqu'au point de former les deux parties d'un être unique : le pandrogyne.
La réalisatrice suit donc le quotidien de ce couple, de cet amour, elle essaie de nous faire sentir cet amour.
C'est un film qui nous permet aussi de revenir sur une partie de l'histoire de la musique industrielle. C'est un film sur le changement, le non-conformisme, la transgression, la réinvention de soi-même et c'est la raison pour laquelle Superféministe aime ce film et vous le recommande!

Le trailer du film :


Si vous voulez en savoir plus sur le projet de Lady Jaye et Genesis P Orridge  c'est par ici
et puis sur la musique industrielle et Psychic TV !

XXY : un film argentin à voir !




Nous avons vu XXY il y a quelques années déjà dans le cadre du festival ibéro-latino-américain réalisé par le cinéma le Zola de Villeurbanne et une discussion très riche a suivi la projection du film. XXY est le premier long métrage de la réalisatrice argentine Lucía Puenzo et lui a valu le Grand Prix de la Semaine International de la Critique à Cannes en 2007.
Le titre XXY nous interpelle dès le début, n'est ce pas une maladie, n'a-t-on pas entendu parler de ça au lycée en SVT? En effet, XXY correspond au syndrome de Klinefelter, et l'individu-e atteint-e du syndrome va présenter deux chromosomes X et un chromosome Y donc 47 chromosomes au lieu de 46, ille sera de caractère masculin et probablement infertile. Mais ce n'est pas le cas d'Alex le personnage principal de notre film, notre personnage n'est pas atteint-e de ce syndrome.
Alors pourquoi XXY, que veut nous dire la réalisatrice avec ce titre? De plus, X et Y ne sont pas des lettres anodines, elles correspondent à l'assignation qu'on donne à des chromosomes très particuliers : les chromosomes sexuels qui « détermineraient » (entre autres raisons) le sexe d'un-e individu-e. Certain-e-s considèrent qu'une femme serait définie par la paire de chromosomes XX et un homme le serait par la paire de chromosomes XY d'où le trouble du titre. XXY ne serait ni tout à fait homme en raison du X en trop, ni tout à fait femme en raison du Y en trop.
Ces trois lettres nous présentent la problématique dans laquelle se trouve notre personnage principal-e, Alex, un-e adolescent-e de 15 ans, hermaphrodite. Nous découvrons à travers de petites scènes, comme des poupées coupées étrangement ou l'armoire à pharmacie d'Alex bourrée de flacons, qu'ille prend des traitements pour « ressembler à une fille » tout en étant les deux : fille et garçon. Alex depuis peu refuse de continuer les traitements, c'est l'adolescence, moment décisif s'il en est, de changement, de transformation et Alex se trouve confrontéE au choix de ce qu'ille veut être. Après la naissance d'Alex, sa famille s'est installée loin de Buenos Aires et le film se déroule dans ce lieu perdu, une île uruguayenne au moment de la visite d'un couple d'amis des parents d'Alex qui débarquent avec leur fils Alvaro. Le père est un chirurgien esthétique très intéressé par le cas d'Alex. C'est un moment de transition, de troubles et l'arrivée d'Alvaro ne va pas aider à arranger les choses car une attraction très forte unie ces jeunes adolescents.
Le film va au-delà des cas particuliers des personnes transgenres ou d'une réflexion sur l'homosexualité, il nous permet de revenir sur la question de la part de biologique et de culturel en nous, sur comment nous sommes construit-e-s. Superféministe aime ce film car il nous permet de nous questionner sur les identités de genre, sur les catégories auxquelles nous sommes assigné-e-s depuis tout-e-s petit-e-s et auxquelles nous choisissons de correspondre ou pas. A voir!
Voici le trailer du film XXY


Ces nanas qui ont changé le monde

Ces nanas qui on changé le monde : rencontre avec une militante féministe ayant participé à des avortements clandestins avant la loi Veil

Aujourd’hui pour vous ami-e-s de Superféministe, j’ai rencontré une meuf trop trop classe.
L’idée c’était d’interviewer quelqu’un-e ayant participé à des avortements illégaux pour vous retranscrire l’ambiance de l’époque. Alors voilà, hop hop hop on me file un contact d’un contact, je l’appelle, on se rencontre… Et là on a discuté, elle m’a raconté, et là j’ai commencé à comprendre…
Avant de vous rendre compte, de façon non exhaustive j’en suis navrée pour vous, de tout ce que nous nous sommes dit je dois vous dire que cette personne a tenu à ce que je précise qu’elle « était une goutte d’eau dans la mer et que tout ça, ça reposait sur la mobilisation d’énormément de gens super impliqués »


-          Qu’est ce qui t’as amenée à participer à des avortements illégaux ?

« Le 1er truc c’est que c’était juste après mai 68, la création du MLF, dans les années 70 tu vois tout ça bouillonnait et la revendication du droit à l’IVG c’était une évidence un peu, il y a eu le manifeste des 343 salopes, le procès de Bobigny… Et puis c’est arrivé souvent que j’accompagne des copines en Angleterre, en Suisse ou chez des médecins pour avorter. Pour ça fallait récolter du fric genre collectes dans les restos U. Et puis je savais qu’un avortement dans de mauvaises conditions ça pouvait tuer, rendre malade ou stérile. J’ai plein de copines que ces avortements ont rendues stériles. Nous on avait été élevé-e-s dans l’idée que c’était un crime d’avorter, mais on voyait bien que plein de nanas le faisaient quitte à y laisser leur peau. Les histoires de curetage à vif, tout ça, c’est vrai tu sais. A cette époque il y avait encore plein de religieuses dans les hôpitaux et les nanas pouvaient aussi être maltraitées là-bas. Donc bon, c’était une prise de conscience assez logique.

-          Comment ça se passait concrètement un avortement clandestin ?

Il existait le MLAC (Mouvement de Libération de l’Avortement et de la Contraception). A Lyon on avait « choisir Lyon MLAC ». C’était note institution de façade si tu veux, officiellement ça existait pour diffuser de l’info sur la contraception. En fait quand une femme voulait avorter, elle se rendait au siège du MLAC et on la réorientait sur une de nos permanences de quartier, moi je participais à la tenue de ces permanences secrètes sur Villeurbanne dans un local d’un centre social. Donc le soir, les nanas ou les couples étaient accueilli-e-s dans ces permanences par un groupe de militant-e-s, il y avait beaucoup de monde à ces réunions tu vois.
Alors dans ce contexte si tu veux on a un peu posé les prémices de la démocratie participative. Il y avait 2 ou 3 militantes qui menaient les entretiens, genre il y avait le groupe de militant-e-s et par exemple une quinzaine de couples. Chacune expliquait sa situation devant l’assemblée (semaines de grossesse, problèmes de fric…) et on discutait de qui devait être prioritaire pour faire un avortement parce que par exemple il pouvait n’y avoir que 2 places cette semaine là. Après les autres couples on les orientait sur l’Angleterre et on faisait des collectes de fric avec eux pour qu’ils puissent y aller et puis on organisait un peu des genres de charters pour l’Angleterre quoi pour que ça soit le moins cher possible. Après celles qui le faisaient sur Lyon on leur filait l’adresse du médecin et puis ça se faisait. Après moi personnellement je n’ai participé qu’à quelques avortements, je faisais la petite main du médecin quoi. Y avait pas d‘anesthésie, on filait des calmants aux nanas et puis on essayait de leur parler, de les rassurer.
Y faut aussi bien se rappeler que tou-te-s les médecins le faisaient pas. Il y avait des médecins qui faisaient ça pour se faire du blé, y en avait aussi qui le faisaient gratuitement en tant que militant-e-s mais c’était très rare, et puis t’en avais aussi beaucoup (la majorité en fait) qui filaient des potions bidons aux nanas en les faisant payer et en leur racontant que ça pouvait marcher… Avant la loi Veil c’était ça !

-          Qu’est-ce que tu risquais ?

Ben je pense que si on nous prenait sur le fait on tombait sous le coup de la loi de l’époque donc garde à vue, procès, tout ça. Tu sais on n’avait pas très peur en fait, notre plan B aux permanences c’était de raconter aux flics qu’on faisait de l’information collective sur la contraception.  Mais bon, théoriquement oui on pouvait prendre beaucoup. Moi c’était pas ça qui m’empêchait de dormir, c’était plutôt des trucs genre  « est-ce qu’elle va bien ? Est-ce qu’elle ne va pas regretter son choix ?... ». C’était plus sur ça que je me prenais la tête. 

-          Quand il y a eu la loi Veil vous avez fêté ça ? Si oui c’était comment ?

A ce moment-là on n’a pas tellement fêté ça en grandes pompes tu vois La loi Veil c’était pas vraiment ce qu’on avait revendiqué, par exemple l’IVG n’était pas remboursée par la SECU tu vois, donc c’était une victoire en demi-teinte quoi. On a fêté ça entre copines féministes et puis voilà on est direct reparties sur d’autres luttes. Y avait la question du viol,  le débat sur l’excision…On n’a jamais arrêté quoi ».

Voilà, au nom de la mémoire collective, et en mon nom de nana heureuse de vivre dans une société où j’ai le droit de choisir, merci !

TENACIOUS A-C


Exposition sur la presse alternative à ne pas manquer !


A découvrir aux Archives Municipales de Lyon, l’exposition « 50 ans de presse alternative à Lyon et sa région »  présentée par le CEDRATS (Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales).

C’est du 15 novembre 2011 au 25 février 2012, et c’est gratuit.

On y découvre une large sélection de la presse alternative créée à Lyon depuis une cinquantaine d’années : de l’obscur fanzine punk photocopié main à la revue écolo de diffusion nationale, de l’anar pur jus à l’antimilitariste énervé, du sérieux « Femmes travailleuses en lutte » au plus ludique « La pelle du 14 juin ».
Toutes ces « Unes » sont révélatrices des esthétiques, des typographies, des moyens techniques, du vocabulaire militant de chaque époque.
Dans le champ des luttes autour de la libération sexuelle et du féminisme, l’expo permet de découvrir ou redécouvrir des revues comme :
- la revue du cercle Flora Tristan,
- Star, la revue Queer « pour ceux et celles qui veulent toucher les étoiles »,
- les éphémères « la Menstrueuse » et « Et ta sœur » (1 numéro chacun),
- des revues lesbiennes et homosexuelles,
- et bien sûr D’Ebats Féministes, la revue trimestrielle du Planning Familial du Rhône, dont le dernier numéro vient de paraître et qui tient la longueur car on arrive au n°36.
Est présentée également en vidéo, une interview de Christiane Ray, militante au Planning Familial, qui parle de son expérience au sein du groupe Flora Tristan dans les années 70 et de son implication actuelle dans D’Ebats Féministes.
En écho à cette expo se déroulent d’autres événements (expos, colloque, débats…) : tout le programme ici : http://www.archives-lyon.fr/archives/sections/fr/expositions/expositions_preceden2700/2011/expositions_2011/presse_lyon_alternat8592/


 
Parmi les expos thématiques prévues, l’expo « Féminisme, homosexualité et liberté sexuelle » sera présentée  à « L’autre côté du Pont » du 10 décembre 2011 au 7 janvier 2012.

Nous profiterons du vernissage de cette exposition pour lancer le blog du Planning Familial : Super Féministe.
Venez donc boire un coup avec nous !